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Communiqué de Presse de Florian Philippot, Vice-président du Front National du 18/03/2014

Ce n’est plus un ministre des affaires étrangères que nous avons, mais un saboteur en chef de l’industrie française et de ses milliers d’emplois. En effet, hier soir, Laurent Fabius a émis officiellement la possibilité d’une annulation du contrat qui lie la France à la Russie depuis 2011, pour la fourniture de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC type Mistral). Ce faisant il commet une faute très grave qui porte directement atteinte aux intérêts fondamentaux de notre pays.

Rappelons tout d’abord que ce contrat aura représenté pour les ouvriers de Saint-Nazaire 5 millions d’heures de travail sur 4 ans, un luxe en cette période crise que certainement Monsieur Fabius ne croit pas nécessaire de conserver…

Avec une telle dénonciation -et de l’aveu même du ministre- la France serait perdante. Elle devrait prendre à sa charge le coût de construction des navires et payer à la Russie de lourdes pénalités financières. Surtout, elle obérerait très durement l’avenir de l’ensemble de l’industrie militaire française, dont les exportations déjà fragiles risqueraient de s’effondrer, avec à la clé la possible perte de dizaines de milliers d’emplois.

Il faut bien comprendre à quel point une telle décision porterait atteinte aux intérêts de notre pays.

Elle compromettrait en effet la parole et donc la crédibilité de la France, dans un domaine hyper-sensible où les contrats se négocient le plus souvent d’Etat à Etat. Refuser d’honorer un contrat militaire de cette nature et de ce montant (plus d’un milliard d’euros), à l’égard d’un pays aussi important que la Russie, lié par ailleurs à la France au travers de nombreux programmes de coopération (en particulier dans le domaine aérospatial), devenu en 2011 et pour la première fois de son histoire militaire client d’une puissance occidentale, c’est fragiliser pour toujours les futures exportations d’armements de notre pays, tant vers la Russie (qui ne renouvellera pas de sitôt l’expérience) que vers tous les autres pays du monde pour qui passer un contrat avec la France s’augmente désormais des risques supplémentaires liés aux flottements diplomatiques de ses dirigeants.

Cette incurie, provoquée par un alignement stupide sur l’euro-atlantisme, est d’une rare gravité. Un pan de l’industrie d’armement française est en passe d’être sacrifié sur l’autel des bons sentiments et d’une méconnaissance des réalités historiques de la Crimée.

La Russie est officiellement menacée de sanctions que l’on applique normalement à des pays ennemis de la France, ou méprisant ouvertement sa parole et ses intérêts.

Monsieur Fabius ose mettre sur un même plan l’annulation d’un contrat militaire aussi lourd, et le très modeste gel (par définition temporaire) de certains avoirs russes par le Royaume-Uni.

Inconséquence totale, la France se tirerait tout simplement une balle dans le pied !

« Ma priorité, c’est l’emploi », prétendait François Hollande, ce sont les ouvriers français et leurs familles qui subiront les dégâts collatéraux de l’imprudente et inutile « campagne de Crimée », mais cela fait déjà bien longtemps que ces électeurs de la France des oubliés n’intéressent plus les socialistes.