Urne vote 2

Signe de la dédiabolisation du Front National : dans certaines zones, les instituts de sondage constatent qu'il n'y a presque plus de correctif à faire sur la déclaration des intentions de vote au sujet du parti de Marine Le Pen.

Terminé le vote honteux, la gêne de se déclarer électeur du Front National. C'est ce qu'évoquent certains instituts de sondage. Et particulièrement dans le quart Sud-Est de la France, comme le raconte La Provence dans son édition du 17 mars.

Au Scan, les représentants de ces instituts confirment la tendance. «Dans le Sud, dans certaines zones, la correction est quasi nulle», explique Emmanuel Rivière, directeur du département étude et analyse de TNS-Sofres.

Le principe de la correction? Les sondeurs calculent cet indice à appliquer en fonction des déclarations sur les votes antérieurs, comparées aux votes réels.

«En 2002, on avait un redressement entre 2.5 et 3 pour le Front national, aujourd'hui on est entre 1.2 et 1.5», indique au Scan Gaël Sliman, directeur général adjoint de l'institut BVA. «Ce sont des redressements politiques presque normaux», poursuit-il.

Frédéric Dabi, de l'Ifop, voit cette «normalisation du FN dans la proximité des électorats FN et UMP dans le sud-est». Il nuance cependant en déclarant qu'il y a toujours des correctifs, y compris pour les autres partis: «dans le sud-est, le vote de Sarkozy est un peu sur-déclaré, le vote Front de gauche est lui sous-déclaré».

Pour Gaël Sliman, «la dédiabolisation du FN a démarré après le premier tour de la présidentielle de 2002». «Marine Le Pen a acceléré un mouvement déjà amorcé», analyse-t-il. «En passant le premier tour en 2002, le FN n'était déjà plus un parti anti-système, un parti paria».

«Dans le sud, le FN est très institutionnalisé, surtout dans les périodes qui suivent les succès du FN», raconte Emmanuel Rivière, de la TNS-Sofres. «Cela rend un vote plus facile à restituer». Et il pointe également les méthodes de collecte. «Pour les municipales, ce sont des cas particuliers, les sondages sont très souvent réalisés par téléphone, cela rend les choses plus simples».

Autre raison des déclarations plus faciles du vote FN selon Adélaïde Zulfikarpasic, directrice du département Opinion Institutionnel de LH2: les sondages réalisés par Internet. «C'est plus simple de se déclarer dans ce cadre», concède-t-elle, expliquant que, pour les municipales, de nombreux sondages sont faits aussi par internet.

Par Ivan Valerio le 18/03/2014