Nîmes (Gard)

"Amateurisme, irresponsabilité, grand n'importe quoi..."

Les socialistes nîmois ne mâchent pas leurs mots après une bévue locale dont le Parti socialiste se serait bien passé vu la débâcle électorale au niveau national. Incroyable mais vrai - et jamais vu dans une grande ville -, les socialistes, après avoir longuement négocié depuis lundi dernier une liste commune au second tour avec le Front de gauche, ont tout simplement... oublié de la déposer à temps à la préfecture de Nîmes mardi avant 18 heures ! Le résultat ubuesque d'heures et d'heures de palabres et de tergiversations pour les places réciproques des uns et des autres, mais aussi d'un joli cafouillage dans les documents administratifs nécessaires au dépôt. Depuis, la cellule nîmoise du PS brille par son silence après s'être distinguée par son incompétence. Aucun des cadres de cette campagne, pas même la candidate, n'a émis de réaction à la suite de ce gag.

Un scénario digne des Pieds nickelés

Tout avait pourtant bien commencé entre l'équipe de la députée Françoise Dumas (PS), candidate à la mairie, et Sylvie Fayet, du Front de gauche, et mardi dans la matinée, les accords semblaient bouclés. Mais c'était sans compter avec les bévues à répétition de l'équipe Dumas : désaccords de candidats pour laisser leur place, atermoiement sur les placements dans la liste, manque de formulaires pour enregistrer d'autres candidats et même... absence de la liste exacte décidée par les deux parties au moment de l'enregistrer en préfecture ! Voyant la tournure des événements, le Front de gauche nîmois décidait alors prudemment de reconduire son équipe du premier tour cinq minutes avant l'heure légale et le PS se voyait contraint de faire de même, non sans avoir tenté, en vain, de faire acter la liste commune après l'heure légale.

Sans succès puisque les colistiers du Front de gauche, déjà validés sur leur propre liste, ne pouvaient plus être inscrits sur une autre liste d'union... la préfecture étant fermée ! Le scénario digne des Pieds nickelés prêterait presque à sourire s'il ne montrait un réel manque de sérieux, point d'orgue calamiteux d'une campagne ratée depuis le début par le PS nîmois : choix d'une candidate par défaut, impossibilité de rassembler la gauche, programme flou et, au final, une troisième place au premier tour avec seulement 14,73 % des suffrages, bien loin des 37 % du maire sortant Jean-Paul Fournier (union UMP-UDI) et même du candidat Front National, le novice Yoann Gillet (21,74 %).

Un "débutant" en politique tout heureux de la bévue des socialistes nîmois qui appelle d'ores et déjà à choisir le changement, "tout risque que les socialistes emportent la ville étant écarté". Droite et extrême droite sont donc heureuses de la quadrangulaire provoquée par le PS, dont la gauche est d'ores et déjà sûre de sortir perdante... et ridicule.

Par Hervé Denyons le 26/03/2014