Mélenchon grimace 1

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Gabriel Robin le 09/04/2014

Lundi 7 mars 2014, sur la chaîne BFM TV, face au journaliste Jean-Jacques Bourdin, Jean-Luc Mélenchon a joué, comme à son habitude, à l’étudiant revendicatif, au « Calimero ». Vous savez, avec le président de gauche, c’est toujours la même musique, c’est « vraiment trop injuste ». Il est brimé, on ne l’écoute pas et, pire, il n’aurait même pas droit à la parole ! Oui, notre brave Jean-Luc estime que le Front National a été privilégié par un temps de présence trop important sur l’antenne de la chaîne de la TNT, et que le Front de gauche n’a eu a contrario pas suffisamment la possibilité de s’exprimer.

« Pour une fois que c’est pas le Front National qui parle ici, c’est moi », a-t-il assené face à un Jean-Jacques Bourdin médusé, qui lui a rétorqué dans la foulée qu’il n’acceptait pas de tels propos. Jean-Luc Mélenchon a alors déroulé son argumentaire. Selon lui, « le CSA a établi que, sur la question des municipales, BFM TV avait donné la parole 46 % du temps au Front National ». Pourtant, une fois encore, il semblerait que le président rouge-colère ait biaisé et utilisé un chiffre tout à fait contestable et décontextualisé. Comme à son habitude, il a usé d’un sophisme. Enfin – c’est pour ça qu’on l’aime –, ses outrances verbales font de lui un « bon client » des médias.

Le journal Libération, pas spécialement à droite ou proche des idées du Front National, a lui aussi souligné le caractère mensonger, ou du moins contrefait, de l’affirmation de Jean-Luc Mélenchon. En effet, le pourcentage avancé correspondait à des relevés intermédiaires datant de la période entre le 10 février et le 7 mars, et ces fameux 46 % représentaient en réalité 23 minutes de temps d’antenne ! Depuis, le CSA a relevé que les temps de parole des différents partis s’étaient rééquilibrés, et pour la période allant du 10 février au 21 mars, le Front National n’en était plus qu’à 10,43 %…

Que nous dit cette petite pleurnicherie ? Que Jean-Luc Mélenchon est prêt à toutes les contre-vérités possibles pour créer la polémique. Le « tribun » de la gauche n’existe plus politiquement. Le Front de gauche n’est plus qu’un résidu dans la vie politique française. Malheureusement pour lui, il obtient l’effet inverse. À force de se décrédibiliser, il passe pour un simple agitateur qu’on aime à ressortir du placard, tel le personnage du gendarme – Flageolet –, dans le théâtre de Guignol. On ne l’écoute plus, on s’en moque.

Plutôt que de s’indigner de son faible traitement médiatique, Jean-Luc Mélenchon devrait se poser quelques questions sur la faible adhésion des Français à ses idées… Il paiera longtemps son soutien à François Hollande, lequel a démontré que, loin d’être un opposant au système, il y a pleinement participé et en a profité. À lui d’en payer les conséquences aujourd’hui…