Enveloppe élections

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Philippe Randa le 14/04/2014

Et si ce fameux changement promis par « Moi candidat », voilà deux ans, était bien réel… même s’il n’est pas vraiment celui escompté par « Moi président » ? Trois événements récents – électoral, politique et académique – illustrent cette révolution quasi copernicienne dans la société française.

On a beaucoup parlé durant la récente campagne pour les élections municipales, au soir du premier et plus encore du second tour, de la fin du front républicain, censé empêcher toute victoire électorale du Front National. À quelques exceptions près, pourtant, les états-majors de l’establishment ont tenu leurs troupes : seules deux listes plus ou moins estampillées UMP – à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) et à L’Hôpital (en Moselle) – ont passé outre l’ukase. À l’évidence, le front républicain est toujours bel et bien réel. Ce sont leurs électeurs, eux, qui ne l’ont pas entendu de même et ont massivement voté pour les listes FN, assimilées ou soutenues par lui, leur permettant ainsi de remporter plus d’une quinzaine de municipalités.

Mais le changement significatif à cette occasion est que plusieurs villes annoncées à l’avance « gagnables » par une liste diabolisée l’aient été : ainsi Hénin-Beaumont, ville symbole s’il en est, emportée dès le premier tour par le secrétaire général du FN, et aussi Fréjus dans le Var, Beaucaire dans le Gard, Hayange en Moselle, ou encore Béziers dans l’Hérault et les quartiers nord de Marseille… Auparavant, lorsque l’hydre dénoncée comme fascistoïde menaçait de l’emporter, les orgues de Staline médiatiques – locales et plus encore nationales – réussissaient à culpabiliser, voire à terroriser, l’électoral potentiel prêt à basculer, empêchant ainsi le « grand remplacement » des élus.

Le mois dernier, de telles tentatives ont bien été orchestrées… sans succès et, pour la première fois, sur une grande échelle !

De même, lorsque le changement de Premier ministre est devenu vital pour l’exécutif, une campagne a été pareillement orchestrée contre l’ex-ministre de l’Intérieur, accusé de n’être « pas assez à gauche », « trop à poigne », et surtout « trop apprécié de la droite »… Rien n’y a fait, c’est lui qui a été choisi par le locataire de l’Élysée pour tenter de sauver son quinquennat… et Manuel Valls bénéficie, depuis, d’une popularité encore jamais atteinte par un de ses prédécesseurs dans la fonction (58 % au Premier ministre contre 18 % au Président).

Enfin, quel candidat à l’immortalité – celle du quai Conti – a-t-il enduré à son égard une campagne de dénigrement comme celle d’Alain Finkielkraut ?

« Quelques académiciens, dont une académicienne, ont fait savoir le 3 avril qu’ils désapprouvaient sa candidature, jugeant le philosophe trop “réactionnaire”, parlant d’une personnalité “clivante” – un adjectif pourtant absent du dictionnaire de l’Académie. L’un d’entre eux est allé jusqu’à dire que c’était le lepénisme qui entrait sous la Coupole », rapporte lemonde.fr.

Il n’a pourtant fallu, le jeudi 10 avril, qu’un seul scrutin à Alain Finkielkraut pour succéder à l’Académie française au fauteuil XXI de l’écrivain Félicien Marceau… par 16 voix sur 28 !