Marine au siege du FN

La présidente du FN Marine Le Pen a affirmé mardi soir sur BFMTV qu'elle aurait voté contre "l'horreur" du programme de stabilité soumis à l'Assemblée nationale par Manuel Valls. Alors qu'on l'interrogeait sur les mesures d'assouplissements à ce plan d'économies annoncées lundi par le Premier ministre - sur les petites retraites (inférieures à 1 200 euros), la revalorisation du RSA et les fonctionnaires les moins bien rémunérés -, Marine Le Pen a répondu : "Il annonce l'horreur, c'est l'horreur moins un, mais ça reste l'horreur".

"C'est le début de l'application bête et méchante de l'austérité imposée par l'UE à l'ensemble des pays. C'est un pacte inefficace, il ne va aider que les grandes entreprises" et toucher "les classes populaires, les classes moyennes", a développé la patronne du FN. D'après la députée européenne, le programme de stabilité est comparable aux mesures d'austérité mises en place en Grèce, en Espagne ou en Italie : "Au début, en Italie et en Grèce, ça a commencé comme ça", a-t-elle lancé.

Elle a aussi critiqué l'efficacité plus générale des plans de rigueur : "On sait que ces plans d'austérité imposés à nos voisins n'ont pas rempli leur objectif, ils n'ont pas fait baisser la dette". Marine Le Pen "changerait d'abord le modèle économique", avec un "protectionnisme économique", "l'arrêt" de la directive détachement des travailleurs, etc. 

Lettre à Pierre-René Lemas

Elle s'est dite favorable à des économies "sur l'immigration" dont le coût est selon elle "mesuré à 35 milliards d'euros par an pour les plus optimistes et 70 milliards d'euros par les plus pessimistes", mais aussi sur la "fraude sociale" et sur les "plans de renflouement de l'euro."

Interrogée sur la bataille autour de la branche énergie d'Alstom, la dirigeante d'extrême-droite a critiqué le gouvernement qui "ne discute pas de comment faire en sorte qu'Alstom reste français, mais de comment nous vendre aux États-Unis ou aux Allemands."

Elle a indiqué avoir "écrit une lettre à Pierre-René Lemas, directeur général de la Caisse des dépôts", dont l'AFP a eu copie, pour "solliciter le rachat direct par (celle-ci) des parts (d'Alstom) qui sont détenues par le groupe Bouygues, ça représente 29 % du capital".

D'après elle, "c'est le seul moyen de garder en France la maîtrise de nos centres de recherche, de cette technologie avancée et de cette industrie évidemment stratégique pour notre pays". Manuel Valls a sommé mardi sa majorité de lui donner un vote de "légitimité" sur le plan de 50 milliards d'euros d'économies, dramatisant l'enjeu alors qu'il fait face à l'abstention attendue de 30 à 40 députés PS et à l'opposition des écologistes.

Le 29/04/2014 avec AFP