PCF muguets

Les militants du parti profitent traditionnellement des défilés syndicaux pour vendre les clochettes blanches.

Traditionnellement, le jour de la fête du Travail, ce sont les défilés syndicaux en mémoire du 1er mai 1886 à Chicago, un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures mortellement réprimé par les forces de l'ordre. Mais c'est aussi l'occasion d'échanger un brin de muguet qui a remplacé au fil du temps l'églantine à la boutonnière et le triangle rouge qui symbolisait la division de la journée en trois parties: travail, sommeil, loisirs. Le muguet est d'ailleurs la seule fleur qui peut être vendue par les particuliers - et non par les seuls fleuristes - ce jour-là. Une aubaine saisie par le Parti communiste français au plein cœur des défilés syndicaux. «Cela fait 50 ans que je vends du muguet le 1er Mai, indique Chantal, militante d'Épinay-sur-Seine, en attendant le départ du cortège syndical à Paris. Cette année avec la pluie, c'est moins bien parti, on compte empocher un millier d'euros.»

Chacun son rôle: la CGT vend des boissons, des sandwichs et des merguez pour les manifestants ; le PCF, les brins de muguet. «La vente de muguet concerne traditionnellement le parti», reconnaît-on au siège de la centrale à Montreuil. «Pour les militants syndicaux, la vente du muguet constitue plus une démarche symbolique qu'une source de financement. Rares sont ceux qui en vendent ce jour-là», nuance Bernard Vivier, directeur de l'Institut supérieur du travail. En effet les recettes restent marginales par rapport aux fonds levés par la formation professionnelle ou les cotisations des adhérents. «Historiquement, les ventes syndicales du muguet concernaient surtout les militants de la CGT. Les mauvaises langues disaient même que le muguet était une façon de blanchir l'argent venu de Moscou», poursuit un autre syndicaliste.

Pour le PCF qui encourage toujours ses militants à vendre les clochettes blanches, le produit est toutefois loin d'être marginal. «Cela représente une source importante de revenus, indique Jean-Louis Le Moing, le trésorier national. Bien que n'étant pas consolidé dans les comptes, on estime que cela rapporte 500.000 à 600.000 euros net par an». L'argent reste au niveau local. À Malakoff, au sud de Paris, le muguet a rapporté 2500 euros en 2013, de quoi financer une partie du loyer de la section. De son côté, Jean-Louis Le Moing a récolté 3000 euros pour le Loir-et-Cher. «En plus de l'aspect financier c'est un contact avec nos électeurs, c'est un élément important de la souscription permanente du parti», précise-t-il.

Par Eric de la Chesnais le 01/05/2014