Europe drapeau

Selon les dernières enquêtes d’intention de vote, la mosaïque des partis populistes devrait progresser en voix et en sièges au parlement de Strasbourg, dans trois semaines. Avec l’intention de minimiser leurs divisions pour exercer un vrai pouvoir d’obstruction.

Ils s'appellent Front National en France, FPÖ en ­Autriche, Parti pour la liberté (PVV) aux Pays-BasUkip en Grande-Bretagne… Ou, sous une forme plus radicalisée, ouvertement fasciste et antisémite, Jobbik en Hongrie et Aube dorée en Grèce. D'un bout à l'autre du continent, les partis d'extrême droite se frottent les mains à l'approche des élections européennes. Le phénomène ­devrait prendre une ampleur inégalée : sans envisager une paralysie du parlement européen, ce sont plus d'une cinquantaine de sièges supplémentaires que ces partis devraient empocher à la fin du mois. Auxquels s'ajouteront ceux remportés par d'autres formations eurosceptiques telles que le Movimento 5 Stelle de l'Italien Beppe Grillo.

Depuis Paris, Vienne, Stockholm et Amsterdam notamment, les leaders nationalistes rêvent de constituer un groupe parlementaire. "Nous faisons déjà partie de l'Alliance européenne des libertés, où figurent des mouvements avec lesquels nous travaillons depuis plusieurs années. C'est le cas du FPÖ autrichien, du Vlaams Belang belge et du SD patriotique suédois. D'autres mouvements, comme la Ligue du Nord ou Fratelli d'Italia, désirent rejoindre un éventuel groupe au lendemain des élections. Je n'ai aucune inquiétude, il y aura un groupe" déclare au JDD Marine Le Pen . Les choses devraient être plus compliquées avec les Britanniques de l'Ukip. Selon eux, "l'antisémitisme est inscrit dans l'ADN du Front National". Quant aux néonazis grecs d'Aube dorée , leur souhait d'adhérer au futur groupe devrait être contrecarré par le refus des autres dirigeants nationalistes de les fréquenter.

"Instaurer un noyau dur de cinq ou six pays"

C'est en Autriche, deuxième pays le plus riche de l'UE derrière le Luxembourg, que Marine Le Pen a trouvé son plus sûr et fidèle allié. Le FPÖ de Heinz-Christian Strache, ancien prothésiste dentaire au passé néonazi, est au coude à coude dans les sondages avec les socialistes et les conservateurs. "Ici aussi, l'extrême droite a attiré vers elle des électeurs dégoûtés d'entendre les gouvernants reconnaître leur impuissance, explique Andreas Peham, chercheur au Centre de documentation de la Résistance à Vienne. En disant : "Nous, on a des solutions", en surfant sur le thème du pays natal, de l'anti-islamisme, de l'antisémitisme larvé, ils ont séduit de plus en plus d'électeurs tout en glissant toujours plus à droite." Un succès qui a suscité des ­vocations… En décembre 2013, Ewald Stadler a créé le Rekos, destiné à séduire les chrétiens conservateurs.

Jugeant le FPÖ "de plus en plus socialiste", Stadler, tête de liste aux européennes, grand ami du député européen Bruno Gollnisch et admirateur, comme Strache, de Vladimir Poutine, entend interdire l'avortement dans l'UE et convaincre les musulmans de se convertir au christianisme. "Il faut aussi revoir le fonctionnement de l'Union européenne et instaurer un noyau dur de cinq ou six pays." Avec, comme pour le G8, le seul critère de la richesse nationale pour en faire partie. À l'heure qu'il est, selon Ewald Stadler, la France n'aurait pas accès à ce club de VIP.

Par Alexandre Duyck le 04/05/2014

Note BYR : Tout de même , ça fait toujours drôle d'être comparé à un parti comme le grec Aube dorée ! Ils ont vraiment beaucoup de mal à trouver des arguments...comme celui d'apprécier Vladimir Poutine, un argument forcément anti-Europe de Bruxelles !