UE ballon

 

Les Français croient toujours en l'Union européenne, même s'ils sont de moins en moins nombreux. 51% d'entre eux estiment que l'appartenance de la France à l'Union européenne est une bonne chose, selon un sondage* de l'Institut CSA pour BFMTV et le groupe Nice-Matin. 38% des sondés estiment que c'est une mauvaise chose. Les chiffres sont d'autant plus impressionnants que le pourcentage des satisfaits par la construction européenne a baissé de 16 points en dix ans.

Divisions en fonction de l'appartenance politique

Ce rejet ne touche pas toutes les catégories socioprofessionnelles: les cadres (78%) et les retraités (62%) restent favorables à l'appartenance de la France à l'Union européenne. Mais ce n'est pas le cas des ouvriers et des employés qui ne sont respectivement que 30 et 43% à y être favorables.

Même clivages en fonction des partis politiques. Les sympathisants des partis de gouvernement comme le PS ou l'UMP pensent que l'adhésion à l'Union européenne est une bonne chose: ils sont respectivement 73% et 63% à le penser. A contrario, 80% des sympathisants du Front national sont défavorables à l'appartenance à l'UE. Les militants du Front de gauche sont plus partagés: 46% sont pour, 37% contre.

Un Français sur deux inquiets

Malgré ces divisions, un constat peut être tiré de ce sondage: les Français, dans toutes les catégories de population, ont du mal à faire confiance aux instances européennes. 48% d'entre eux se sentent "inquiets" en pensant à la construction européenne. Seuls 20% sont "enthousiastes" ou "confiants", 13% sont "indifférents" et 10% sont "hostiles".

Parmi les craintes liées à la construction européenne, il y a celle que cette dernière entraîne davantage de chômage (70%) et moins de protection sociale (63%). Ces conséquences économiques et sociales sont avant tout redoutées des ouvriers (77%) et des sympathisants du FN (91%).

Pour plus d'Etat et moins d'Europe

Par ailleurs, 41% des sondés estiment que l'appartenance de la France à l'UE a été un inconvénient pour faire face à la crise économique, alors que seuls 25% jugent que cela a été un atout. Autre critique: 78% des Français estiment que les institutions européennes sont trop éloignées de leurs préoccupations. 

Les sondés se prononcent même en faveur d'un renforcement des pouvoirs des Etats membres, même si cela se fait au détriment de ceux de l'Union (47% d'avis favorables, 22% pensent que c'est une mauvaise idée). A quelques jours des élections européennes (vote le 25 mai en France), il reste néamoins difficile de dire si cette vague d'"euroscepticisme" aura des conséquences électorales.

* Sondage réalisé par internet du 22 au 24 avril 2014 sur un échantillon national représentatif de 1048 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas après stratification par région et taille d'agglomération.

Le 09/05/2014