Kerviel

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Métamag

Par Jean Ansar le 19/05/2014

Kerviel a été condamné.  Il se présente en victime d’un pouvoir bancaire dont il est cependant l’enfant monstrueux. Il brûle aujourd’hui ce qu’il a adoré. Cela plait aux prêtres catholiques et aux médias cathodiques. Repenti sincère ou non, qui peut le savoir ? Quand au système bancaire qui domine le politique et la justice, personne ne le contredira. Mais tout de même, en faire un Dreyfus du capitalisme est sans doute un peu excessif.

Il a rencontré récemment Dieu et les médias. Et cela a donné tout le week-end dernier un spectacle assez ahurissant de la passion de Saint Kerviel. Un comité de soutien très remonté, un prêtre très habité, un avocat très motivé, ont été hystérisés par une instrumentalisation médiatique invraisemblable. La frontière franco- italienne entre Menton et Vintimille est devenue l’endroit où les médias devaient se faire voir. Kerviel a fait mieux que Cannes, son festival et même que Gérard Depardieu dans le rôle de DSK. Il lui manque juste une Anne Sinclair.

Ce qui est certain c’est que Kerviel joue de la médiatisation et que les médias se servent de Kerviel. On mettra de coté l’aspect mystique de sa marche. On remarquera que les télés d’infos en continue ont surdimensionné une marche et une affaire qui ne mérite pas tant d’attention. Kerviel a décidé de marcher pour Dieu et son salut, bien ! Il va devoir purger sa peine, c’est normal. Il dénonce une injustice, à ses défenseurs de le prouver ! Mais de là à transformer ses petits pas vers la frontière, après un bon déjeuner avec son comité de soutien, comme la passion et le chemin de croix de l’ex-trader devenu le petit Jésus de Mélenchon, il y a tout de même  une marge.

En fait, c’est une preuve supplémentaire de la dérive médiatique du traitement de l’actualité. Elle n’est plus hiérarchisée, elle est instrumentalisée. Suivre Kerviel ça ne coûte pas cher et ça peut  tenir 3 jours sous la forme d’une série télévisée. On compte, avec ça, faire de l’audience et garder le téléspectateur. C’est malhonnête vis-à-vis de Kerviel qui se prend pour le centre du monde,  apostrophe le président comme une Léonarda, et pour les téléspectateurs qui voient occulter la véritable actualité importante par un soufflé médiatique.

Kerviel est maintenant en prison, les médias vont se retirer et son comité va être tenté d’attirer l’attention. Certains exaltés en soutane ou non vont en faire des tonnes au risque de desservir la cause de l’ex-trader à qui ils veulent donner le bon dieu après confession.