Abou Abdourahman al Maghribi

Selon le Journal du Dimanche, un jeune de 19 ans, originaire de Perpignan, combat en Syrie. Son profil facebook témoigne.

Abou Abdourahman Al Maghribi. C'est derrière ce profil facebook, certainement son nom de jihadiste, que s'affiche, d'après les révélations du Journal du Dimanche daté d'hier, un jeune homme, originaire de Perpignan, parti combattre en Syrie en décembre dernier. "As Salam Alaykoum, désolé de pas l'avoir dit avant, je suis arrivé au Sham il y a trois jours, je suis dans la brigade Jaysh Mouhammad al hamdulilah", annonçait-il, le 19 décembre, lors de son premier message.

Sur son compte facebook toujours actif, peu d'indices sur sa réelle identité. Juste son année de naissance, 1995, et sa ville d'origine, Perpignan. A confirmer. Le jeune homme semblait scolarisé avant son départ pour le jihad. Dans un autre post, il demande à un certain Amin : "dis rien à l'autre clochard dans la classe le fils de militaire ni à Ayyoub il parle trop". Il s'inquiète même de ce que disent "les profs de son absence". A chaque fois, les commentaires sont rares, mais, un dialogue s'installe avec un certain Général NDjata par exemple.

Dans son édition du vendredi 16 mai, L'Indépendant ouvrait le dossier des candidats au jihad signalés dans les P.-O. Nous dévoilions alors qu'une dizaine de jeunes sont sous haute surveillance ou que des CV sont passés au crible. Hier, on ne nous confirmait pas la piste Abou Abdourahman Al Maghribi. Mais, une source assurait qu'il "avait le profil parfait". Sa prose, truffée de fautes d'orthographe, sur le réseau social en atteste. Après s'être vanté d'être "chez Al Qaida", le 'Perpignanais' multiplie les messages et les vidéos à la gloire des "frères de Jabat al nousra", qu'il a rejoints, après son "mouhaskar", son entraînement militaire.

Des photos de "martyrs morts au combat" sont ses cartes postales du front. Il traite de "chiens" les hommes du régime de Bachar Al-Assad. Toujours en plein prosélytisme, il se mue même en agence de voyages.

"Je suis parti de Barcelone. J'ai fais Istanbul/Kilis en bus. Faites attention aux flics et aux Syriens, ils posent beaucoup de questions. Evites de dormir dans les hôtels de luxe psk ils gardent les cartes d'identité. Prévoyez des habits chauds in cha allah, en Turquie ainsi qu'ici c'est enneigé, poste-t-il le 18 décembre.Prévoyez aussi un peu d'argent histoire de vous achetez une petite arme avant de débuter le Mouhaskar". Le 2 mars, il enrage : "je tiens a dire honte aux musulmans de France, j'ai vu ici des jeunes qui avait des armes même un frère qui avait 16 AnS porter un bkc...".

Ses derniers messages datent du 11 mai à Alep. Ils font toujours froid dans le dos.