Boulangerie fabrication

C'était "un réseau qui s'était spécialisé dans le travail dissimulé de clandestins tunisiens dans des boulangeries tenues par des ressortissants tunisiens ou d'origine tunisienne en région parisienne et en Haute-Normandie", selon le parquet de Lille. Il a été démantelé et dix de ses membres mis en examen, jeudi et vendredi à Lille. Ils sont soupçonnés d'avoir organisé une filière de mitrons clandestins venant de Tunisie pour travailler dans des boulangeries françaises.

Dans le cadre d'une information judiciaire ouverte en décembre 2013 auprès de la juridiction interrégionale spécialisée de Lille, "26 interpellations" ont abouti jeudi et vendredi à "10 mises en examen à Lille pour recours aux services de travailleurs dissimulés en bande organisée et emploi d'étrangers sans titre", toujours d'après le parquet. L'enquête a été menée par la Direction centrale de la police judiciaire, l'Office central pour la répression de l'immigration irrégulière et de l'emploi d'étrangers sans titre et la police aux frontières.

Des conditions "proches de l'esclavage"

"C'étaient des gens employés dans des conditions proches de l'esclavage. Le réseau mettait à disposition cette main-d'oeuvre clandestine, et les utilisateurs étaient à la recherche de cette main d'oeuvre pas chère du tout et très laborieuse", a commenté le parquet de Lille, ajoutant que les enquêteurs ont remonté la filière en se basant notamment sur des dénonciations. Selon Christian Duc, chef d'état-major de l'Ocriest, cité par Ouest-France, l'affaire a commencé en 2011, avec l'interpellation de plusieurs étrangers en situation irrégulière dans une boulangerie du Havre tenue par un "gérant de paille" et la découverte de la filière.

Les clandestins, au nombre de vingt, étaient employés dans quinze boulangeries au Havre, à Paris et en banlieue parisienne, relève Le Parisien. Payés moins de 500 euros par mois, ils vivaient dans des logements insalubres au-dessus des commerces. La tête du réseau, poursuit le quotidien, était basée en Tunisie : l'homme proposait à de jeunes boulangers tunisiens des environs de Tataouine de les faire entrer illégalement en France, contre de l'argent, puis de les embaucher dans des boulangeries qui lui appartenaient et pour lesquelles il ne s'acquittait d'"aucune déclaration fiscale".

Le 24/05/2014 avec AFP