Police fédérale belge

Aux yeux des responsables politiques et religieux du pays, la nature antisémite de l'attaque qui a visé samedi le Musée juif de Bruxelles fait peu de doutes.

Sous le choc après l'attaque contre un musée juif qui a fait au moins trois morts au cœur de Bruxelles, la Belgique a rehaussé d'un cran son niveau d'alerte antiterroriste et mobilisé ses policiers samedi soir pour une protection rapprochée des synagogues et autres institutions liées à la communauté juive.

Le ou les tueurs qui ont ouvert le feu, peu avant seize heures,à l'intérieur du Musée juif de Bruxelles, restaient en cavale dans la soirée. Une personne a été interpellé sans savoir si elle a un lien avec les faits. La section antiterrorisme de la police judiciaire fédérale est arrivée parmi les premières sur place. La crainte des autorités semble être une réplique de la série d'attentats perpétrés par le djihadiste Mohamed Merah, qui avait fait sept morts à Toulouse et à Montauban entre le 11 et le 19 mars 2012.

Rue des Minimes à Bruxelles, la mort a frappé au grand jour, en pleine affluence touristique, dans un quartier de cafés, de terrasses, de musées et de ministères, tout près de la Place Royale. Dimanche, comme les autres Européens, les Belges se rendront en masse vers les isoloirs et des professionnels de la sécurité redoutent déjà que leurs files d'attente offrent une cible facile. «Ce n'est pas la communauté juive uniquement qui est visée, c'est toute la démocratie belge», avertit Philippe Mankiewicz, ancien dirigeant du Comité de coordination des organisations juives de Belgique.

La nature antisémite de l'attaque, rapidement évoquée par les responsables politiques et religieux, semble la plus plausible. Les coups de feu, en rafales espacées, ont été tirés à l'intérieur du musée, dont les riches collections sont la fierté des Juifs de Bruxelles. L'attaque semble aussi avoir été soigneusement préparée: Elle a duré quelques minutes au plus et visé un établissement peu protégé par la police, à la différence de la grande synagogue voisine. Selon plusieurs témoignages les auteurs étaient deux. L'un serait resté à proximité de la voiture, garée en double file. Son comparse, qui portait «un sac noir», se serait engouffré dans le hall d'entrée avant d'ouvrir le feu. D'autres témoins ont relevé la marque et l'immatriculation de la voiture, repartie en trombe.

L'attentat de la rue des Minimes est troublant, dans un double contexte: d'abord la montée d'un islam intégriste et militant au sein de la communauté musulmane, ensuite un antisémitisme ravivé dans les mouvances populistes et d'extrême-droite. «Cela devait arriver, il y a eu une libération de la parole antisémite, estime Joël Rubinfeld, président de la Ligue belge contre l'antisémitisme. C'est le résultat inévitable d'un climat qui distille la haine».

Côté musulman, les autorités s'inquiètent du départ et surtout du retour de quelques 200 ressortissants belges qui combattent dans les rangs djihadistes en Syrie. Plusieurs ministres de l'intérieur européens, dont le français Bernard Cazeneuve, étaient précisément à Bruxelles il y a deux semaines pour coordonner leurs politiques et leurs renseignements. Mercredi, c'est le tribunal correctionnel de la capitale qui a condamné à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison 19 Belges pour participation à une filière de recrutement à destination de la Syrie et de la Somalie.

Côté extrême-droite, c'est plutôt la virulence du discours qui inquiète. Au début mois, la ville d'Anderlecht, à la périphérie de la capitale, avait du interdire un soi-disant «Congrès antisémite» auquel était invité l'un des polémistes de la mouvance, le français Dieudonné, en compagnie de l'essayiste Alain Soral et de Kemi Seba, figure de l'organisation noire radicale Tribu Ka. La manifestation était organisée par un député belge d'extrême droite, Laurent Louis, connu pour ses tirades contre les Roms, les Juifs, les francs-maçons et les médias.

Par Jean-Jacques Mevel le 24/05/2014

Note BYR : au delà du constat qu'effectivement la fameuse Europe-et en l'occurence- de Bruxelles a vraiment du mouron à se faire au regard du nombre significatif de personnes en Syrie pour faire le djihad on ne peut également que constater une autre évidence : heureusement que pour la presse il y a une extrême-droite dans laquelle on colle n'importe quelle organisation. Du député Laurent Louis en passant par Dieudonné et le radical africain Seba !