Adresse du FN

Il n'aura fallu que douze minutes et quinze secondes à Marine Le Pen pour dresser un bilan des élections européennes, mardi au siège du Front National à Nanterre. Ce rendez-vous était aussi pour elle l'occasion d'en tirer des «conclusions politiques». La présidente du FN a d'abord évoqué les chiffres: 25% des voix, soit «plus de deux fois» le record de 1989, «quatre fois» celui de 2009 et «huit fois» plus d'élus (24 députés au Parlement européen).

«Nous arrivons en tête dans 71 départements français et dans 24.401 communes sur 36.000» dans l'ensemble du pays. Au passage, Marine Le Pen a souligné l'exemple «absolument remarquable» de la victoire de son mouvement dans le Morbihan, en Bretagne, traditionnellement réticente au FN. Elle a affirmé aussi que le Front National avait «progressé en moyenne de plus de cinq points» dans les villes récemment conquises par rapport au premier tour des municipales. Selon elle, les résultats de ces mêmes villes sont «très largement supérieurs aux moyennes départementales» et cela prouve qu'il existe une «adhésion post-électorale renforcée» montrant «clairement» une «satisfaction des habitants à l'endroit de leur maire». Elle a ajouté, en citant l'exemple des 49% de Beaucaire dans le Gard face à une moyenne départementale de 32,8%: «Nous n'observons ce phénomène que dans les seules villes Front National.»

La présidente du FN dit avoir ramené «les abstentionnistes aux urnes» Pour l'eurodéputée, ce constat global marque «une consolidation très nette de la dynamique» depuis les élections régionales de 2010. Selon elle, tous les scrutins suivants (cantonales de 2011, présidentielle et législatives de 2012, législatives partielles de 2013 et municipales de 2014) auront démontré l'homogénéité du vote FN sur l'ensemble du pays.

«Il n'existe plus pour nous de terres de mission», a-t-elle annoncé en affirmant que le Front National est devenu un «parti de gouvernement aux yeux des Français, capable de prendre des responsabilités partout». Reconnaissant le poids de l'abstention sur le vote FN, Marine Le Pen estime aussi que son parti, à l'occasion des européennes, a ramené «les abstentionnistes aux urnes». Au-delà du FN, la présidente juge le Parti socialiste«laminé» et pense que l'UMP«ne se remettra probablement pas de cet échec électoral». Un échec qui, selon elle, «cristallise encore plus les divisions idéologiques internes». «Et je ne parle même pas du torrent des affaires qui est en train de le faire exploser», poursuit-elle.

Visiblement motivée par la victoire de dimanche, Marine Le Pen a aussi évoqué les régionales de 2015, les départementales et les «grandes échéances nationales de 2017» comme les nouvelles perspectives de sa formation. Puis, elle a réclamé une nouvelle fois la dissolution de l'Assemblée nationale.

«Il faut revenir au peuple!», a-t-elle insisté. Au même moment, sur le plateau du «Talk Orange-Le Figaro», Gilbert Collard, député FN du Gard, a estimé que la France devait «se reconstruire». Puis l'avocat a ajouté dans la foulée: «Ce n'est pas avec le personnel délabré, encanaillé, que nous avons aujourd'hui, que l'on pourra redresser notre pays.» Quant au changement du mode de scrutin réclamé par Marine Le Pen pour l'instauration de la proportionnelle aux prochaines élections législatives, le député a apprécié l'hypothèse: «Ce serait quand même un pas vers la démocratie. Hollande l'avait promis, mais tout ce qu'il promet, il ne le fait pas

Par Emmanuel Galiero le 27/05/2014