Roumanoff

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Charlotte d'Ornellas le 01/02/2014

Europe 1 a donc décidé de ne pas reconduire le contrat d’Anne Roumanoff. L’humoriste sévissait chaque semaine depuis cinq ans : 57 % de progression d’audience, 1,3 million d’auditeurs. Un joli travail. Ayant cru comprendre que l’émission coûtait trop cher, elle a même proposé d’être moins payée ; sans réponse.

Jusqu’à ce que le couperet tombe : « J’ai été virée en quatre minutes », confie-t-elle, ajoutant avec une naïveté qui frise franchement la bêtise : « Je ne comprends pas pourquoi. »

Quand une émission cartonne, qu’elle dure, que l’audience progresse, c’est que la raison est ailleurs, et il n’y a en l’occurrence pas besoin d’aller chercher très loin… Il y a quelques semaines, la comique sortait un recueil de ses chroniques « Normal Ier, roi des Français » et, plus récemment encore, elle hantait les colonnes médiatiques, accusée de… racisme.

Tiens donc, quelle coïncidence

Ce n’est pas comme si la caste médiatico-politique avait fait de l’« antiracisme » une chasse aux sorcières permanente

Ce n’est pas comme si le Conseil d’État avait récemment interdit à des gens de rire au prétexte que leur humour n’était pas conforme…

Ce n’est pas comme si Manuel Valls avait porté plainte contre le collectif lyonnais opposé au mariage pour tous « Les enfants des terreaux »  pour un visuel qui n’était pas à son goût…

Bienvenue dans le monde merveilleux de la pensée si tolérante qu’elle en devient totalitaire, Anne Roumanoff : on ne peut plus rire de tout.

Les humoristes ont toujours fait leur beurre en raillant le pouvoir en place ? Certes, mais le camp du Bien a désormais pris les rênes, fini de rire.  

Le témoignage est touchant : « J’ai eu l’impression d’être broyée dans un mixeur […] J’ai été accusée de racisme pour avoir imité Christiane Taubira avec un accent approximatif pendant 18 secondes. »

Atterrissage forcé du monde pailleté des bisounours ? Si seulement… Mais non, la place doit être trop confortable parmi ces élites hors-sol, Anne Roumanoff continue à fermer les yeux… Elle fait semblant de ne pas voir, feint de ne pas comprendre… et tente de sauver sa carrière en piétinant tout ce qui aurait pu lui rester d’amour-propre.

Elle s’est effectivement empressée de qualifier Christiane Taubira, mage incontesté de cette gauche antiraciste friande de victimisation abusive, de « femme formidable, bienveillante et élégante » avant de prouver qu’elle était un bon petit soldat de la propagande d’État : « Écoutez-nous encore jusqu’au 5 juillet. On va se lâcher… Marine Le Pen va en prendre pour son grade»

Anne Roumanoff aurait dû réfléchir, parce qu’il y a fort à parier que ces accusations de la classe politique et de ses chiens médiatiques étaient la meilleure publicité dont elle pouvait rêver pour la tournée qu’elle entame…

Mais, autiste comme le nécessite son rang, elle a préféré ramper devant ses maîtres plutôt que de réaliser qu’une grande partie des Français avaient cessé de les suivre depuis bien longtemps…

La bonne nouvelle, en revanche, c’est que cela n’a pas suffi… et qu’il faut être sacrément fébrile pour en venir à craindre politiquement le moindre écart d’une Anne Roumanoff …

Bientôt la fin ?