Hollande cloclo

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Pascal Célérier le 07/06/2014

Depuis une semaine, l’histoire de France et celle de François Hollande s’accélèrent. L’élection historique du 25 mai, qui a placé nettement en tête le Front National devant les deux grands partis de gouvernement, lourdement sanctionnés, a sonné le glas de la présidence Hollande.

Son allocution de lundi dernier a été jugée pathétique par tous.« La vérité est douloureuse »… Du genre : « C’est le coeur serré… » Notre président normal est devenu crépusculaire et sait qu’il entrera dans l’histoire comme le président de la fin de quelque chose… d’un cycle, d’une époque, d’un régime… un Paul Reynaud de 1940… un René Coty de 1958… Mais eux remettaient le destin de la France à plus grand qu’eux… Qui sera le De Gaulle de François Hollande ? Lui-même se le demande…

Mais ce qu’il se demande aussi, plus égoïstement, plus platement, c’est :« Comment partir ? Comment réussir ma sortie ? » Car tout le monde en est persuadé, jusque dans sa majorité et son entourage, et lui aussi désormais : non seulement il ne pourra pas se représenter, mais il ne pourra pas tenir trois ans de plus.

Alors, il aimerait éviter des circonstances dramatiques : une nouvelle crise financière, une nouvelle poussée de fièvre style « bonnets rouges » ou « Manif pour tous », un nouvel attentat djihadiste. Il faut donc chercher un vrai motif de départ, un bon prétexte, mais dans le calme, histoire de préserver cette« normalité » qui fut son credo et qui convient si mal à la période si« anormale » que nous vivons.

D’ou cette réforme territoriale et cet empressement que le président a mis tout le week-end (n’y a-t-il pas d’autres urgences ?) à redécouper frénétiquement dans son bureau la carte de France : un morceau de Poitou ici ? ou là ? et ces deux-là, Champagne-Ardennes et Picardie, on les marie ! Mariage pour tous !

Une seule explication à cette attitude incompréhensible : François Hollande veut en finir avec sa présidence. Et s’il partait comme De Gaulle est parti, en 1969, sur une banale affaire de régionalisation ? Imiter De Gaulle, non dans son courage de refondateur, mais dans son départ, sa démission tranquilles. Bien sûr, il n’ira pas jusqu’au référendum. Du Général, il veut bien l’image, mais pas le courage. Mais le parallèle sera fait : une réforme audacieuse des régions, suscitant la fronde des élus et des notables des deux bords, et un désaveu populaire.

Le désaveu populaire, c’est acquis, et dans des proportions jamais atteintes par un président. La fronde des élus, c’est en bonne voie, car on imagine facilement cette réforme repoussée par le Parlement.

Le communiqué de fin pourrait être : « Je cesse d’exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd’hui à midi. »