Paris Gaza

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Thibaut Ronet le 20/07/2014

Les images provenant de Barbès semblent tout droit sorties d’Ukraine ou de Beyrouth et pourtant cela s’est bien passé en France. Je ne reviendrai pas sur le conflit israélo-palestinien en lui-même, même s’il convient de rappeler premièrement que c’est la mort de trois adolescents Israéliens qui a mis le feu aux poudres et qu’ensuite le Hamas est une organisation terroriste qui a juré la destruction de l’Etat hébreux.

Quoi qu’il en soit, ce conflit n’a rien à faire en France, comme tous les conflits. C’est au niveau politique que sur ce sujet comme d’autres, les gouvernements doivent tenter des médiations voire des coercitions afin de faire avancer les choses et bouger les lignes. Si l’émotion, d’un côté comme de l’autre, est légitime, les accès de violence comme ceux qui se sont déroulés samedi n’ont rien à voir avec le sort du peuple palestinien. Je ne comprends pas très bien en quoi les manifestants viennent en aide aux habitants de Gaza en brûlant des véhicules RATP et en mettant à sac un quartier entier. Ou je ne le comprends que trop bien.

Je suis par principe contre toute restriction de la liberté d’expression. J’étais contre l’interdiction des spectacles de Dieudonné comme j’étais contre l’interdiction de cette manifestation. Pourtant, si cette manifestation a été jugée sensible, c’est qu’il y a un passif avec l’assaut donné contre la Synagogue de la rue de la Roquette. On essaie de nous faire croire que ça a dégénéré à cause de l’interdiction, mais bien idiot celui qui peut réellement y croire. Si on a parfaitement le droit d’être antisioniste et contre une politique à un instant T, ces rassemblements sont d’une toute autre teneur. Ils permettent aux antisémites d’avancer sans se trahir, ils ont enfin trouvé un motif légitime. On y retrouve également encore et toujours les mêmes casseurs munis de drapeaux algériens qui, eux, profitent d’à peu près n’importe quel motif pour en découdre avec cette France qu’ils méprisent tant (Fête de la musique, match de foot, Nouvel an,…) et enfin nous avons les inénarrables mouvements d’extrême-gauche.

Ces manifestations soit-disant pro-palestiniennes sont contre-productives car, encore une fois, elles sont loin d’être spontanées et en disent énormément sur l’idéologie de ceux qui défilent (qui cassent ici en l’occurrence). Pourquoi ne pas avoir fait de manifestation en soutien aux victimes de Mohammed Merah ou de Mehdi Nemmouche ? Ces victimes étaient pour le coup des compatriotes, beaucoup plus proches de nous. Pourquoi ne pas défiler contre les exactions commises par la « résistance » islamiste en Syrie ? Des Chrétiens crucifiés, des cœurs arrachés et mangés face caméra ce n’est pas encore assez horrible ? Pourquoi ne pas défiler contre la barbarie de la Charia qui lapide des femmes chaque jour ?

Silence radio sur tous ces sujets. Pourquoi également les organisateurs (dont certains se revendiquent « élus de gauche » sans plus de précisions) bravent-ils une décision de justice ? Ils appellent à la justice au Proche Orient mais ne respectent même pas celle de leur pays. Ils sont indignés par cette interdiction ? Très bien, mais étaient-ils indignés lors des interdictions des rassemblements « saucisson pinard », de rassemblements identitaires ou de rassemblements « Mariage pour tous » ?

Et puisqu’on est sur la cohérence et alors qu’ils affichent – à juste titre- des slogans « La Palestine aux Palestiniens », pourront-ils tolérer le « La France aux Français » ?