Frontalier franco-suisse

Et si on abandonnait tout bonnement la nationalité française pour devenir Suisse ? C’est l’idée un peu folle lancée par le Mouvement Franche-Comté qui se refuse au rattachement avec la Bourgogne.

« La future assemblée comptera 57 conseillers bourguignons, contre 43 francs-comtois. Ils pourront donc faire prévaloir leurs intérêts aux dépens des nôtres. » À cela s’ajoute le problème de l’endettement régional qui est de 333 euros par habitant en Bourgogne et de 172 euros en Franche-Comté. « Pas question que notre région paye les dettes de la Bourgogne ! » Dans le Jura, on préfère parler de coopération interdépartementale, certains élus imaginant déjà rejoindre la région Rhône-Alpes. D’autres, comme le sénateur jurassien (UMP) Gilbert Barbier, voient davantage une fusion avec l’Alsace-Lorraine. Dans le cas de l’éclatement de la Franche-Comté, Jean-Philippe Allenbach trouve alors légitime de rattacher le Doubs à la Suisse.

« L’industrie, la micromécanique, le ski, les fromages… on partage tout cela avec la Suisse. Les mentalités sont proches et il y a déjà de nombreux échanges. » Il souhaite qu’un référendum départemental soit organisé à cet effet et n’imagine pas que les Doubistes puissent s’y opposer. « Tout le monde rêve d’être suisse ! » s’appuyant sur le faible taux de chômage helvète, « de 3 % contre un peu plus de 9 % en Franche-Comté. » Et d’ajouter : « Si la Franche-Comté était devenue suisse par le hasard de l’histoire, comme ce fut le cas pour le canton de Genève, on y vivrait mieux aujourd’hui. »

Quant aux Suisses dans tout ça ? Si aucune réaction n’est parvenue pour l’heure côté helvète, Jean-Philippe Allenbach pense qu’ils n’y seraient pas opposés comme le prouve un sondage qu’il avait fait réaliser en 2008 par l’institut Link sur le rattachement des régions voisines de Franche-Comté et de Savoie. 43,7 % des Suisses interrogés s’y étaient dits favorables.

Par Sarah George le 29/07/2014

Le Progrès