Virus Ebola

Plus de 1.300 cas recensés pour 729 décès dont 57 lors des dernières 96 heures... Tel est, selon l'OMS, le terrible et très provisoire bilan de l'épidémie de fièvre Ebola qui sévit depuis le début de l'année dans l'ouest de l'Afrique et dont les ravages s'accélèrent. 

Le virus est donc mortel dans près de 57% des cas et tandis que quatre pays -la Guinée, le Libéria, la Sierra Leone et le Nigéria- sont désormais touchés, l'organisation Médecins sans frontières a averti que le virus était "hors de contrôle" et qu'il y avait un "réel risque" de voir cette liste encore s'allonger. 

Et s'il est peu probable de voir la contagion se propager à d'autres continents, c'est désormais le monde entier qui s'inquiéte. 

La France "a les moyens de faire face"

En France, pas question de céder à la panique. Si sur le site du ministère de la Santé, la dernière note à destination des professionnels de santé au sujet du virus date du mois d'avril dernier, pour la ministre Marisol Touraine, "la France a les moyens de faire face" en cas d'importation de la maladie. 

"Nous avons mis le dispositif de veille sanitaire en alerte pour sensibiliser les professionnels de santé au diagnostic et aux modalités de prise en charge au cas où un malade se présenterait souffrant de fièvre et rentrant de l'un des pays concernés par l'épidémie", a souligné la ministre dans un entretien accordé au journal Le Parisien. 

L'Union européenne juge le risque "infime"

L'Union européenne (UE) est équipée pour dépister et traiter les malades contaminés par le virus Ebola, mais la probabilité que l'épidémie touche les Etats membres est "infime", assurait mercredi une source européenne. "On ne peut écarter la possibilité qu'un cas parvienne en Europe, mais [nous avons] les moyens de dépister et de contenir rapidement l'épidémie".  

Aucun cas avéré d'importation du virus en Europe n'a été recensé à ce jour, mais l'Union a déjà connu ses premières alertes. "Un cas suspect a été signalé à Valence, en Espagne. Il s'est en fait avéré négatif, mais le système a fonctionné".  

Le Royaume-Uni parle d'une "menace sérieuse"

Rapporté aux autres pays d'Europe, le flegme britannique manque pour une fois à sa réputation. A Londres, une réunion interministérielle de crise a été convoquée mercredi à propos de cette épidémie que "le Premier ministre [David Cameron] considère comme une menace très sérieuse", a expliqué le chef de la diplomatie Philip Hammond

Le ministre des Affaires étrangères s'est toutefois voulu rassurant après la réunion. "Nous avons des procédures de contrôle de l'infection qui rendent [l'hypothèse d'une propagation] très peu probable", a-t-il assuré, ajoutant que l'"approche la plus logique" était de fournir de l'aide "pour traiter la maladie à la source". 

Hong Kong envisage des mesures de quarantaine

Hong Kong, l'une des plaques tournantes du trafic aérien mondial est aussi un aéroport de transit de première importance. Les autorités étaient déjà en première ligne à l'époque du SRAS ou de la grippe aviaire. Il en va de même pour l'épidémie de fièvre Ebola et le gouvernement a déjà averti qu'il envisageait de possibles mesures de quarantaine en cas d'aggravation de la situation en Afrique de l'Ouest. 

Les Etats-Unis rassurent mais invitent à la vigilance

Au Etats-Unis, on connait mieux que quiconque le virus Ebola, puisqu'il s'agit du seul pays occidental à compter un patient infecté sur son sol. Il ne s'agit pas d'un cas "importé", mais d'un médecin américain, contaminé en Afrique tandis qu'il combattait l'épidémie, soigné depuis quelques jours dans un hôpital texan.  

Pour le reste, même en temps normal, les aéroports américains sont parmi les plus surveillés. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) jugent improbable la possibilité d'une pandémie, mais ont publié sur leur site internet une liste de mesures et de précautions à prendre pour se protéger. Enfin les autorités déconseillent de voyager en Guinée, Sierra Leone et Libéria

Le Kenya, l'Ethiopie et la RDC se préparent

Le Kenya et l'Ethiopie, qui abritent deux des plus importantes plates-formes aéroportuaires d'Afrique, ont annoncé jeudi avoir renforcé leurs mesures pour éviter l'entrée du virus Ebola sur leur territoire.  

Enfin la République démocratique du Congo a annoncé de nouvelles mesures sanitaires pour prévenir l'apparition sur son sol de la fièvre hémorragique, notamment un monitoring accru des vols en provenances des régions frappée par le virus. 

Le 31/07/2014 avec AFP