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La Fête nationale a débuté jeudi soir dans de nombreuses communes. Dans les discours, les thèmes de l'immigration et de l'UE ont été très populaires.

Les conséquences du vote du 9 février sur l'immigration et les relations avec l'Union européenne (UE) ont été dans toutes les bouches ministérielles ou de politiciens.

Le conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann a débuté son marathon à Rorschach (SG), où il a rappelé que Confédération dispose d'atouts solides pour prolonger son histoire à succès, notamment sa capacité d'innovation et son économie en bonne santé.

Cette réussite n'est possible que si la Suisse accepte l'évolution du monde qui l'entoure. Il s'agit de continuer à soigner les collaborations importantes, comme avec l'UE dans le domaine scientifique.

Dans cette optique, la votation populaire du 9 février ne manque pas d'inquiéter Johann Schneider-Ammann. Pour le conseiller fédéral libéral-radical, les conséquences d'une rupture de ce partenariat avec l'UE seraient graves pour toute l'économie et le monde scientifique suisse.

Pas question toutefois de fouler aux pieds la volonté du peuple qui a souhaité la réintroduction des contingents en matière d'immigration, a souligné le Bernois.

Préserver la prospérité

Alain Berset a rappelé à Sursee (LU) que la diversité a fait de la Suisse un pays prospère, stable et novateur. Le ministre de l'intérieur a insisté sur la nécessité de la préserver. Pour cela, le Fribourgeois a appelé à régler certains problèmes.

Car l'acceptation de l'immigration, sujet actuel de discorde avec l'UE, dépend du «sentiment de sécurité des habitants» de la Suisse. «Des mesures d'accompagnement solides» sur le marché du travail s'avèrent donc indispensables pour rassurer la population.

Les entreprises ne doivent pas se contenter «de profiter des centaines de millions de consommateurs de l'UE». Elles doivent également assumer leurs responsabilités à l'égard de la société.

Si des solutions sont trouvées dans ces domaines, les relations avec «notre plus important partenaire économique» pourront être normalisées.

Carl Spitteler toujours d'actualité

A Lützelflüh, Ueli Maurer a appelé à revenir aux principes qui ont fait la force de la Suisse. Le ministre de la défense s'est référé au discours «Notre point de vue suisse» prononcé en 1914 par l'écrivain alémanique Carl Spitteler.

A l'époque - après l'éclatement de la Première Guerre mondiale - l'homme de lettres avait plaidé pour la neutralité absolue de la Suisse. Le discours de celui qui allait recevoir plus tard le Nobel de littérature est toujours d'une grande actualité politique, a déclaré Ueli Maurer.

Aujourd'hui aussi, la Suisse est sous la pression de pays voisins, en principe amis, et d'organisations internationales. «Nos particularités sont régulièrement critiquées, nos lois décidées par le peuple et ses représentants sont dans le collimateur», estime le Zurichois.

Sus aux «juges étrangers»

A Krauchthal (BE), le vice-président de l'UDC et ancien conseiller fédéral Christoph Blocher s'en est à nouveau pris aux juges étrangers et au droit international, qu'il accuse de menacer l'indépendance et la liberté de la Suisse.

Et d'accuser pêle-mêle les politiciens, les juristes, les experts ou le Tribunal fédéral de vouloir mettre fin à la liberté suisse et de céder devant l'étranger. «Le 'Sonderfall' helvétique est mis sous pression par les Etats-Unis, l'Europe, les organisations internationales». Une constante de notre histoire, selon lui.

Afin de résister, il faudra absolument refuser dans les urnes le futur accord-cadre institutionnel que la Suisse prévoit de signer avec l'UE.

Repli sur soi

C'est à Grimentz (VS) que le président du PDC Christophe Darbellay a prononcé son discours. Il y a loué les succès du modèle suisse, «unique», tout en fustigeant la tendance actuelle à la peur et au repli sur soi.

Christophe Darbellay a rappelé que l'immigration est un facteur décisif pour la Suisse en matière de succès économique. Il a notamment évoqué le «Français» Henri Nestlé, le «Libanais» Nicolas Hayek, ou «l'Italien» Léonard Gianadda.

Il n'a pas oublié les ouvriers venus d'ailleurs qui ont construit les barrages et les autoroutes valaisannes, précisant toutefois que les étrangers «qui ne respectent rien de ce pays devraient prendre le premier avion.»

Une Suisse sociale, moderne, et solidaire

Dans une vidéo sur Internet, le président du PS Christian Levrat a vanté les mérites d'une Suisse sociale, moderne, et solidaire. Il en a également appelé aux avancées sociales qu'a connues le pays, ainsi qu'à l'héritage des figures historiques du PS.

Le Fribourgeois, qui a tenu son discours en français et en allemand, a vanté une Suisse pour tous, sans privilèges, accueillante envers le touriste ou le migrant, et festive.

Le 31/07/2014 avec ATS