Marine Moscou 2

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

 Boulevard Voltaire

Par Nicolas Bonnal le 11/08/2014

L’affaire du vol de la Malaysian Airlines abattu au-dessus de l’Ukraine mène logiquement la toujours frétillante communauté internationale à criminaliser un peu plus la Russie. Pourra-t-on écraser la Russie comme nous avions brillamment écrasé l’Irak et la Libye avec les conséquences qui s’ensuivent ? Oui, répond le bien nommé McCain qui veut détruire le mal, oui répond Hillary qui veut faire cesser les exportations de gaz russe (et le dit comme ça, car pourquoi se gêner), oui dit le New York Times qui reste froid devant l’Irak (200 000 chrétiens vont s’y faire exterminer à Mossoul et autour) mais veut tout faire pour empêcher Poutine de son obsession de défendre les peuples de son sang (tel quel dans le texte).

Interrogé par Atlantico, un responsable français de l’armée de l’air, le général Brisset, a répondu courageusement – à mon sens – sans se faire d’illusions :

« Pour la communauté internationale, à l’heure actuelle, tout est de la faute de Poutine, donc on va continuer dans ce sens jusqu’à ce qu’on trouve ce qui s’est vraiment passé. »

Le général ne croit pas trop à la thèse des rebelles devenus fous. Mais on connaît nos médias et leur manière de présenter les faits. Inquiétude donc. En même temps, les choses se compliquent en France.

Car un autre spécialiste, le géopoliticien Aymeric Chauprade, député européen et spécialiste du Front national pour les questions internationales, écrit sur le site de son parti :

« La plus grande prudence doit être observée quant aux interprétations rapides qui pointent du doigt la Russie dans le seul but d’isoler celle-ci. Plusieurs faits doivent être rappelés avant toute conclusion hâtive. En premier lieu, la tragédie s’est produite dans l’espace aérien ukrainien ; par conséquent, en droit international, c’est la responsabilité de l’État ukrainien qui est engagée. »

Cela m’a incité à relire en entier le projet du Front national qui, héroïquement ou imprudemment, faisait en politique étrangère les propositions suivantes :

- Reconstituer les filières industrielles de la Défense, notamment en coopération avec certains partenaires européens, y compris la Russie.

- Pousser à l’avènement d’une Europe des nations, une sortie du commandement intégré de l’OTAN et l’offre faite à la Russie d’une alliance stratégique poussée, fondée sur un partenariat militaire et énergétique approfondi, le refus de la guerre d’ingérence et le soutien au droit international.

- Conjointement, la proposition faite à l’Allemagne de s’associer pour former une alliance trilatérale Paris-Berlin-Moscou.

On se doute que les choses ne se passeront pas comme ça. « On ne vous laissera pas faire », a dit mon vieux camarade socialiste.

Et on comprend, dans ce cadre, que le nouvel axe du mal que Washington et ses séides à Paris ou Bruxelles dénonceront sera l’axe Paris-Moscou, avec à la clef deux têtes brûlées à abattre : Marine Le Pen et Vladimir Poutine.