Mélenchon sorcier

La belle entente du Front de gauche continue de se fissurer. Jean-Luc Mélenchon semble écœuré par la stratégie des communistes.

Le rassemblement du Parti de gauche et du Parti communiste qui permis à Jean-Luc Mélenchon de rassembler 11.10% des suffrages lors de la dernière élection présidentielle a du plomb dans l'aile. Déçu par la stratégie de son allié communiste lors des élections municipales, Jean-Luc Mélenchon poursuit ses attaques contre Pierre Laurent, le patron du PCF. «Quand Pierre Laurent décide de se rendre aux universités d'été du PS, c'est aussi, à mon avis, une erreur. La Rochelle ce festival des vanités! Et ça l'année où Manuels Valls traite d'irresponsables tous ceux qui, à gauche, ne pensent pas comme le gouvernement?», s'insurge le co-président du Parti de gauche interrogé jeudi dans Le Dauphiné Libéré .

Il ajoute: «Pour moi la question d'aller ou pas à ce rendez-vous ne s'est pas posée, car je n'ai pas été invité! Tant mieux. Être bien vu du PS c'est être mal parti.» Ce n'est pas la première fois que l'eurodéputé pilonne le secrétaire national du PCF. «L'élection municipale a complètement décrédibilisé ce qu'était le Front de gauche, explosé entre ceux qui ne voulaient pas d'alliance avec le PS et ceux qui se sont vautrés dans cette alliance», expliquait-il en juillet au site Hexagones.fr. «La technique des dirigeants du PCF, qui tantôt prônaient l'alliance avec le PS, tantôt se sont appropriés le Front de Gauche, a dissou notre message», réitère-t-il aujourd'hui.

«Ce qui s'est passé à Grenoble est une anticipation qui me fait rêver»

Cependant, Jean-Luc Mélenchon ne veut pas enterrer l'alliance passée avec la place du colonel Fabien: «Le Front de gauche a été un acteur majeur de la dernière présidentielle, donc un tel acquis ne doit pas être dilapidé», dit-il au Dauphiné Libéré.

Tandis que s'ouvre jeudi à Grenoble le «remue-méninges» (l'université d'été de son parti), Jean-Luc Mélenchon semble vouloir se tourner vers une autre formation: Europe-Ecologie-Les Verts. La capitale iséroise a été conquise en mars au PS par une alliance entre les deux formations. Une victoire qui lui donne des idées: «Ce qui s'est passé à Grenoble est une anticipation qui me fait rêver. L'anticipation d'une gauche sortie des clous de la traditionnelle alliance avec le PS, d'une gauche inventive, d'une gauche fière d'innover et de proposer autre chose.»

«On ne doit pas voir ce qui s'est passé à Grenoble comme une simple péripétie locale. C'est un sentiment qui monte au sein des militants écologistes, je crois», insiste-t-il. Si l'idée germe chez les militants, pas sûr que le sentiment soit partagé chez les cadres écologistes. «Mélenchon est sympa, il me parle d'accords pour les prochaines élections régionales. Mais ça serait bien de voir le fond aussi. Car nous ne manquons pas de sujets de désaccord, par exemple sur la réforme territoriale», a récemment expliqué la patronne des écologistes, Emmanuelle Cosseà l'Express . Jean-Vincent Placé, le président du groupe EELV au Sénat se fait même plus cinglant:

«Mélenchon a fait 11% en 2012, il en fera 2 en 2017

Par Tristan Quinault Maupoil le 21/08/2014