Moissey Jura Carte

Si la crédibilité d’une argumentation se jouait à la taille d’un paquet de feuilles, on pourrait dire que Christine Lecomte, l’actuelle présidente de la communauté de commune Nord ouest Jura (CCNOJ) gagnerait haut la main. Ce paquet, ce sont les 400 000 euros de factures présentées comme impayées par la CCNOJ. Et Dominique Troncin, ancien président de la communauté de communes, a eu bien du mal à se défendre face à un réquisitoire de trois heures trente, mardi soir à Montmirey-la-Ville au cours du conseil communautaire.

Des comptes dans le rouge

Aujourd’hui, ce sont très exactement 377 781 euros qui manquent dans les caisses de la collectivité, prêts de trésorerie déduits. « Nous avons vingt autres petits banquiers : ce sont les fournisseurs que nous ne pouvons pas payer », lâchait un membre du conseil.

Pourquoi un tel écart ? Le budget 2014 voté n’était pas réel », selon Christine Lecomte. « Du coup, le budget corrigé est nettement plus catastrophique. Dominique Troncin avance l’idée d’un « gag » : « Je suis un peu surpris de ces chiffres. Je ne sais pas comment vous faites ce budget. Vous avez mis ce que vous vouliez dedans, en fait. Par exemple, sur les cotisations URSSAF, elles ont augmenté de 100 %. Cela paraît improbable ».

Mais Christine Lecomte, même en comptabilisant les possibles erreurs, insiste : « en fin d’année, on sera obligé de reporter 330 000 euros sur le budget 2015. »

Des options avaient déjà été envisagées lors de la dernière réunion extraordinaire, tenue le 10 juillet. Les indemnités des élus, seront donc réduites de 25 % pour la présidente, et 50 % pour les vice-présidents. Les impayés concernant la cantine, l’accueil de loisirs, les ordures ménagères seront collectés, sous peine de refus de service.

Une hausse des impôts

Le tour de vis s’est nettement accéléré mardi soir. Ainsi, l’accueil périscolaire verra son nombre de places limité aux « personnes prioritaires », c’est-à-dire les familles dont les parents travaillent. Et les services seront fermés pendant les vacances. Une décision appliquée à partir… du 1er septembre.

Et la liste s’allonge : aucun départ ou maladie ne sera remplacé, l’imposition sur le bâti se fera désormais dès la première année, il est prévu aussi de recourir à la vente de foncier, d’augmenter les impôts de 15 %.

« Car si on ne fait rien, on devra augmenter les impôts de 30 % », assure Christine Lecomte.

Par Hugo Puffeney le 28/08/2014

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