Urne bleue

Fin du suspense, mardi 16 septembre. À l'occasion de son discours de politique générale, le premier ministre Manuel Valls lèvera enfin le voile sur le calendrier des prochaines élections (départementales - ex-cantonales - et régionales). Initialement, celles-ci auraient dû avoir lieu en mars prochain, mais le projet de loi sur la nouvelle carte des régions, toujours en discussion au Parlement, prévoyait de les repousser en décembre 2015. Ce qui pose un problème constitutionnel: cette réforme reviendrait en effet à prolonger de manière excessive (vingt et un mois) le mandat des conseillers généraux. François Hollande et Manuel Valls veulent éviter une censure du Conseil constitutionnel, ce qui compliquerait encore un peu plus la tâche du gouvernement.

Pour sortir de ce maelström, l'exécutif étudie deux scénarios. Première hypothèse: organiser les deux scrutins en juin 2015. Ce scénario a l'avantage de réduire le risque constitutionnel mais pose un problème pour les régionales. «Il y a le problème de l'accoutumance aux nouvelles régions (le périmètre de celles-ci n'est toujours pas finalisé, NDLR) et celui de la désignation des candidats, explique une source gouvernementale. Si les régionales ont lieu en juin, c'est un peu court…» Faute d'information sur le calendrier et la délimitation des circonscriptions, les partis politiques n'ont toujours pas pu investir leurs candidats, encore moins amorcer la campagne.

C'est pourquoi l'exécutif réfléchit à un deuxième scénario: découpler les deux scrutins. Dans ce cas de figure, les cantonales auraient lieu en mars 2015 et les régionales seraient repoussées à décembre 2015. Avec un risque évident pour le gouvernement: subir coup sur coup deux défaites électorales. «Les deux scénarios sont étudiés, rien n'est tranché, assure-t-on dans l'exécutif. Ce qui est certain, c'est que les deux élections n'auront pas lieu en même temps en décembre», comme cela fut un temps envisagé.

Par Marion Mourgue le 12/09/2014

Le Figaro