Police Menton

Dans un courrier au ministre de l'Intérieur, le député UMP de Nice, Éric Ciotti, révèle qu'un millier d'étrangers en situation illégale y arrivent chaque semaine. Il réclame que la France rétablisse ses contrôles à la frontière sud.

Le député UMP des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, tire le signal d'alarme sur l'explosion des passages clandestins à la frontière franco-italienne. Dans un courrier qu'il vient d'adresser au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, l'élu révèle que le syndicat de policiers Alliance lui a «dressé un panorama réaliste du vécu des fonctionnaires de police sur le terrain» et que «le seuil des 19.000 interpellations d'étrangers en situation irrégulière, depuis mars 2014, aurait été franchi». Selon lui, «en une semaine, du 15 au 21 septembre, les policiers des Alpes-Maritimes auraient ainsi procédé à plus de 1000 interpellations». «Un millier de clandestins par semaine, c'est le rythme effarant de cette migration!», insiste-t-il.

Cette mise en garde survient juste après «le dramatique accident du 30 septembre impliquant un clandestin sur les voies ferrées de Menton», rappelle le député, par ailleurs président du Conseil général des Alpes-Maritimes.

«Les policiers sont découragés»

L'élu insiste sur le «dénuement» total des forces de l'ordre face à l'ampleur du phénomène. Son appel au ministre de l'Intérieur fait suite à l'enquête que Le Figaro avait publiée le 5 août dernier sur le «phénomène migratoire érythréen». Un défi humain et sécuritaire qui avait justifié une réunion exceptionnelle », le 9 juillet dernier, à la préfecture des Alpes-Maritimes.

Mais depuis l'été, la situation s'est encore dégradée. «Devant un tel afflux de clandestins, les réadmissions vers l'Italie dans la bande des 20 km se font pour l'essentiel «hors procédure», faute d'accord des autorités italiennes», assure Eric Ciotti. «Pire, écrit-il, au-delà de la bande des 20 km, à Nice par exemple, les policiers rédigent ce qu'ils appellent des «LAP», c'est-à-dire des Libre après procédure». A le lire donc, la police baisse les bras.

«Les policiers sont découragés tant les renforts annoncés, pour l'essentiel des forces mobiles», ne sont pas adaptés à ce type de missions, explique le député. Lui appelle purement et simplement à ce que la France invoque «la clause de sauvegarde de la convention de Schengen permettant le rétablissement des contrôles aux frontières, car le flux migratoire en provenance d'Afrique ne paraît pas se tarir.»

Par Jean-Marc Leclerc le 03/10/2014

Le Figaro

Note BYR : C'est assez marrant de voir la soudaine aptitude à voir réellement les choses des caciques de l'UMP à l'image de monsieur Ciotti. D'un seul coup, il semble que le cache qui cachait ses yeux s'est miraculeusement dénoué. Etonnant...Peut-être faut-il lui rappeler que depuis 2002 et ce jusqu'en 2012 (dix ans ! ) c'était son parti qui était au pouvoir avec Nicolas Sarkozy au ministère de l'Intérieur puis à l'Elysée. En dix ans, combien de clandestins sont-ils passé par Menton ?