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Intervention de Marion Maréchal-Le Pen, Député du Vaucluse, au sujet du projet de loi de finances pour 2015 du 15/10/2014

De chocs en chocs gouvernementaux, notre économie est aujourd’hui chaos ! Cela fait 3ans que l’économie est presque à l’arrêt, et ça n’est pas le PLF que nous discutons aujourd’hui qui changera la donne. Mêmes causes, mêmes effets. Depuis 40 ans la leçon n’a manifestement pas été retenue. Le maître- mot « compétitivité » est un alibi pour lequel les Français doivent supporter tous les sacrifices : dérégulation, précarisation de l’emploi, coupes dans les secteurs régaliens, augmentation de la fiscalité sur les ménages, baisse des salaires, casse de notre modèle social. Voici les seules solutions envisagées et présentées aux Français comme l’unique issue raisonnable. Dans votre vision économique étriquée, en grande partie dictée par l’UE, vous voilà prisonniers de ces recettes qui ont pourtant fait la démonstration de leur inefficacité.

Il y a d’autres outils pour relancer l’économie, augmenter les recettes et rembourser la dette sans imposer aux Français la casse sociale dénoncée sous le terme d’« austérité ». Ces outils sont ceux de 95% des pays du monde mais demeurent politiquement très incorrects en France : je veux parler de la monnaie nationale et du protectionnisme aux frontières.

Même chose pour les économies : la réduction migratoire et la réservation des aides sociales aux Français sont des gros mots dans le débat politique bien que sources majeures de réduction des dépenses.

Sans ces outils, années après années, nous déplorons toujours les mêmes résultats : la progression du PIB se limiterait en 2015 à 0.1%, entrainant un déficit public de 4.3%, une baisse de la production industrielle, un recul de l’investissement, une stagnation de la consommation des ménages, une chute de 4.7 milliards d’euros des recettes globales de l’Etat relative notamment à une baisse de recettes de 10 milliards de l’impôt sur les sociétés. Le tout comblé par les ménages avec une TVA et un impôt sur le revenu en hausse de 5.4%.

Cela vous suffit-il pour vous remettre en question? Bien sûr que non. Continuons donc ensemble la liste de vos échecs : augmentation du chômage à 10.2% au second trimestre, plus de 50 000 destructions de postes estimées dans le privé au second trimestre, baisse des marges des entreprises, problèmes de trésorerie, carnets de commandes de plus en plus vide, une dette s’élevant à 2 000 milliards d’euros soit 95.1% du PIB. Cette année, notre pays doit emprunter chaque jour 589 millions d’euros dont les deux-tiers sont financés par des non-résidents dont vous refusez de communiquer l’identité. Il n’est pas certain que la nomination symbolique du très libéral M. Macron, aussi lettré fût-il et permis de conduire en poche, suffise à éviter l’augmentation tant redoutée des taux d’intérêt.

Ce n’est plus un suicide français, c’est un meurtre ! Le constat est accablant or que répond le président à cela ? On est au bord du précipice, il n’y a plus qu’un grand pas en avant à faire.

Non content d’ignorer magistralement le message des Français aux dernières élections, nous subissons l’assujettissement que vous avez organisé traité après traité main dans la main avec la droite. Car vous mentez en affirmant aux Français que la Commission ne peut pas nous sanctionner. C’était précisément l’objet du traité budgétaire européen que de pouvoir nous infliger une amende estimée aujourd’hui à 4,2 milliards d’euros en cas de non-respect des exigences des technocrates européens.

Heureusement le Gouvernement peut compter sur le soutien de ses amis. Celui de M. Renzi, je cite : « Je préfère une France avec Hollande et Valls et 4.4% de déficit, plutôt que Marine Le Pen ». Le message est clair : qu’importe le bien-être et la prospérité du peuple français tant que nos intérêts, nos affaires, nos amis banquiers, nos places, sont sauvegardés.

Nous sommes l’un des pays fondateurs de l’UE, premier contributeur net à hauteur de 7 milliards par an. Cette Europe ne peut pas se passer de nous ni politiquement, ni militairement, ni financièrement et pourtant elle se construit contre nous. Quand pourrons-nous enfin espérer de nos dirigeants qu’ils défendent nos intérêts à Bruxelles, plutôt que de supplier Mme Merkel de nous accorder un petit délai supplémentaire pour finir nos devoirs ou de réciter notre leçon du parfait petit écolier libéral devant un parterre de financiers anglais ? La souveraineté ne se brade pas et il serait bienvenu d’envoyer un message clair en annonçant que nous déduirons de notre contribution annuelle de 21 milliards à l’UE les éventuelles sanctions financières prononcées par la Commission. Est-ce trop demander que de pouvoir choisir nous-mêmes nos économies ?

Le pire est que vous ne parvenez pas à faire de réelles économies faute de réformes structurelles. Les dépenses publiques augmentent : depuis 2012 : + 21.5 milliards/an dont 12.9 pour la Sécurité sociale. Et cette inflation continuera en 2015 : +1.1%, et même plus 1.9% en 2016. Nous arriverons à 1284.5 milliards en 2017 avec toujours les mêmes écueils idéologiques. Car une énième fois, ce sont les missions dédiées aux étrangers qui gagnent en budget : 73 millions supplémentaires pour l’AME, soit 677 millions d’euros dont on peut anticiper qu’ils seront insuffisants.

Le budget de la mission asile-immigration augmente, la part belle étant faite à la garantie de l’exercice du droit d’asile qui atteint 85% des crédits de la mission au détriment de la lutte contre l’immigration clandestine qui ne représente que 10,7% de la mission!

Vous continuez la politique électoraliste en ajoutant 120 millions d’euros à la dotation de solidarité urbaine, soyons clairs en partie pour les banlieues dites sensibles, quand celle de solidarité rurale sera seulement abondée de 78 millions, l’écart étant déjà de plus de 600 millions. Ces zones rurales des oubliés qui subissent un coup de fourche avec une diminution de 400 millions en 3 ans du budget Agriculture.

Allez comprendre, vous embauchez l’année dernière 60 000 fonctionnaires supplémentaires dans l’Education nationale, mesure totalement clientéliste mais vous refusez d’augmenter le crédit sécurité quand les coûts liés à l’insécurité sont estimés a minima à 35 milliards d’euros par an et que la vie de nos concitoyens est pourrie au quotidien par les cambriolages, les vols et les agressions.

Après avoir augmenté les ressources fiscales, vous supprimez une tranche de l’IR à grand coup de communication politique ! Démagogie car vous ne manquerez pas de répercuter ce manque à gagner. Injustice, car vous accentuez une hyper-concentration sur les tranches supérieures : 2% des contribuables assurent 49% des recettes ! Et pendant ce temps nos jeunes diplômés continuent de quitter le pays refusant de voir le fruit de leur travail excessivement ponctionné pour remplir le tonneau des danaïdes de votre dette et financer toute la misère de monde. Cette iniquité sera encore aggravée par la suppression de l’universalité des allocations familiales car personne n’est dupe de votre petit manège. Vous vous répartissez les rôles : vos députés sont chargés de préparer le terrain afin que le Gouvernement puisse ouvrir la discussion.

Autre injustice : vous allez augmenter deux fois le prix du gazole en un trimestre! Sous couvert d’écologie, vous faites payer aux Français vos choix industriels antérieurs qui ont fait du gazole une ressource plus intéressante pour les déplacements domicile-travail de millions d’habitants des zones périurbaines et rurales. Il aurait été plus avisé de baisser la TICPE immédiatement sur le gazole et l’essence pour augmenter le pouvoir d’achat et surtaxer en compensation les grandes compagnies pétrolières.

Les ménages et les entreprises épargnent sous la contrainte de l’austérité et des modifications incessantes que vous opérez avec la complicité de Bruxelles. Vous n’inspirez pas la confiance, or sans confiance pas de relance !