Gendarmerie mobile dossards

Cinq personnes ont été blessées lors de la manifestation "contre les violences policières", samedi à Nantes. Manuel Valls condamne les violences et Bernard Cazeneuve appelle au calme.

Comme la précédente, la manifestation organisée samedi, à Nantes, en hommage à Rémi Fraisse, a dégénéré. Environ 800 personnes ont répondu à l'appel des mouvances radicales anti-capitalistes "contre les violences policières". Et cette fois encore, de violents incidents ont éclaté entre force de l'ordre et manifestants. 21 personnes ont été interpellées à Nantes et treize à Toulouse, où des affrontements ont également éclaté. Le Premier ministre a condamné "avec fermeté" ces affrontements, les qualifiant d'"insulte à la mémoire de Rémi Fraisse". Bernard Cazeneuve a appelé au calme.

Des opposants à NDDL dans le cortège.

Le cortège était parti vers 14h45 de la préfecture, derrière deux banderoles proclamant "Solidarité contre les violences policières" et "22 février, 3 yeux perdus. 26 octobre, un mort". Des slogans en référence à une importante manifestation qui s'était déroulée le 22 février à Nantes contre le projet d'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Réunis près de la préfecture en début d'après-midi, les manifestants, parmi lesquels de nombreux opposants au projet de nouvel aéroport nantais, répondaient à l'appel des organisateurs de ce rassemblement qui entendent "exiger l'arrêt des meurtres et mutilations perpétrées par l'Etat".

"Flics, porcs, assassins". Certains des manifestants avaient le visage masqué et défilaient aux cris de "La police mutile, la police assassine" ou encore "Flics, porcs, assassins". Passant devant l'important dispositif policier, ils ont scandé "assassins" ou encore "police nationale, milice du capital".

"Combien faudra-t-il de mort.e.s pour que nous désarmions enfin la police", questionnaient-ils dans un communiqué, demandant par ailleurs au préfet "de s'engager à ne tuer et à ne mutiler personne samedi". Une banderole, "solidarité contre les violences policières", était accrochée près du rassemblement.

Différents projectiles contre les forces de l'ordre. Peu avant 15h45, la manifestation, arrivée au cours des 50 otages, principale artère de la ville, a dégénéré. Les manifestants ont envoyé des projectiles, dont des œufs et des chaises, vers les policiers qui ont répliqué par d'importants jets de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Peu après 16h30 les heurts se poursuivaient entre plusieurs centaines de manifestants, certains lançant des bouteilles et des fusées de détresse. Les manifestants ont aussi envoyé des panneaux de signalisation et des poubelles vers les policiers.

Des bouteilles d'acide contre les forces de l'ordre. Plus tard, des manifestants ont même lancé des bouteilles d'acide contre les forces de l'ordre. "Les manifestants ont lancé des bouteilles remplies d'acide sur les forces de sécurité", a déclaré le préfet de Loire-Atlantique, Henri-Michel Comet. "Un policier a été blessé par l'une de ces bouteilles", a-t-il précisé. Le policier a été touché à la main par cette bouteille. Au total, deux membres des forces de l'ordre ont été légèrement blessés.

Camille, des éclats de grenade plein les jambes. En réponse à ces attaques, les policiers ont répliqué avec des grenades lacrymogènes et assourdissantes. Ils ont également tiré des balles de caoutchouc, touchant un manifestant dans le dos.

Trois manifestants ont été atteints aux jambes l'un par un coup de matraque, et deux par des éclats de grenades de désencerclement. "J'ai fait trois mètres en me disant que ça commençait à chauffer. Et là, une grenade a explosé entre mes jambes. Dans ma plaie, il y avait un bout de plastique de la grenade. Elle est où la violence légitime ?", s'interroge Camille au micro d'Europe 1.

Des dérapages à Toulouse. Plusieurs manifestations étaient prévues samedi, à Dijon, Toulouse, Lille ou Nice et un sit-in pacifique doit être organisé dimanche à Paris à la mémoire de Rémi Fraisse, décédé après l'explosion d'une grenade offensive lancée par un gendarme.

Des incidents ont été déplorés à Toulouse. Vers 17h30, des jeunes gens très mobiles, le visage parfois masqué, harcelaient les CRS par des invectives et des jets de projectiles, en différents points du centre de Toulouse. Les forces de l'ordre chargeaient et faisaient usage de gaz lacrymogènes. Sur une grande artère du centre de Toulouse, la devanture d'une agence bancaire a été brisée à la masse, des distributeurs automatiques bancaires vandalisée, des poubelles incendiées. Au moins huit personnes ont été interpellées, samedi dans le centre de Toulouse

Valls et Cazeneuve condamnent. Dans un communiqué, Manuel Valls "condamne avec fermeté les déchaînements de violence délibérée constatés cet après-midi à Nantes et à Toulouse". Il cite notamment "des actes graves de dégradations de biens publics et privés, des incendies volontaires et des jets de projectiles dangereux".

Bernard Cazeneuve a, quant à lui, condamné "les exactions" et "les débordements inacceptables" en marge des manifestations samedi à Nantes et Toulouse. Interrogé sur TF1, le ministre de l'Intérieur a répondu que les rassemblements n'étaient pas "des manifestations qui rendent hommage à la mémoire de Rémi Fraisse" mais "des exactions, des débordements inacceptables". Il a "appelé chacun au calme".

Le 01/11/2014

Europe 1