Clowns maléfiques

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par André Colommé le 10/11/2014

On pensait que la fin d’Halloween mettrait un terme à cette vague de terreur qui a sévi sur notre territoire, mais c’était sans compter sur les quelques clowns agressifs qui restent cachés pour mieux nous terroriser.

Illustration des faits jeudi dernier, sur le plateau de l’émission de Franz-Olivier Giesbert « Les grandes questions » consacrée au thème : « Peut-on vivre sans frontières ? »

En grande inquisitrice de la pensée, Mazarine Pingeot, triste de n’avoir que très peu d’arguments à opposer à Eric Zemmour devant le succès grandissant de son ouvrage Le suicide Français, se transforma en clown maléfique de la psychanalyse moderne, lui reprochant pêle-mêle de faire l’apologie du viol et de rationaliser sa haine dans les 534 pages qu’elle a dû « se taper » (sic) et qui lui ont donné la nausée.

On aurait pu imaginer analyse plus nuancée, avec la volonté d’élever la discussion pour la porter sur un terrain où l’auteur aurait eu l’occasion d’expliquer son propos, qui se veut une métaphore de l’évolution sociologique telle qu’il la présente dans une scène du film Vincent, François, Paul et les autres. Que nenni ! Et c’est bien là le drame. Les clowns ont souvent ce talent de caricaturer une situation pour susciter le rire en la faisant tourner au burlesque jusqu’à s’en rendre ridicules. Sur ce dernier point, Madame Pingeot a tout bon, comme elle a tout bon dans l’incarnation de ces nouveaux clowns agressifs devenus inquisiteurs de la pensée, ces Torquemada du convenable.

Elle passa alors le témoin à sa compagne d’infortune Géraldine Muhlmann, tout autant agrégée de philosophie et prêtresse de ces nouveaux clowns dont le maquillage coule quand la lumière est trop criarde. On le sait : sous le grand chapiteau du cirque médiatique, les clowns sont plus crédibles quand ils forment un duo !

Cette dernière empoigna l’invité sur le thème de l’holocauste pour lui faire dire coûte-que-coûte qu’il pensait et qu’il avait écrit dans son livre que cette atrocité n’était qu’un point de détail. La ficelle était si grosse et la farce du clown tellement grasse que l’auteur démasqua assez facilement la supercherie. Mais il en est ainsi aujourd’hui : les clowns agressifs revêtent les apparats de ceux qui ont enchanté notre enfance mais en détournent la fonction. Ils veulent nous terroriser et nous empêcher de débattre pour nous enfermer dans une pensée convenue.

Hier encore, la grande majorité du public riait de la blague du clown, mais aujourd’hui il ne rit plus avec le même entrain. Alors on le force jusqu’à l’invectiver, jusqu’à l’humilier et le contraindre à se soumettre, en arborant toujours la même veste à carreaux, le bon gros nez rouge mais aussi désormais avec une violence et une malhonnêteté intellectuelle sans limite.

Ne nous y trompons pas, cette manœuvre digne des méthodes de l’époque stalinienne a pour seul objectif l’humiliation, la destruction et l’appauvrissement de l’individu. Demandez donc à l’entraîneur Willy Sagnol ce qu’il a vécu toute la semaine dernière…