Marine France 2 2013

Marine Le Pen avait choisi mardi Châlons-en-Champagne (Marne) comme ville symbole des sacrifices imposés à l'armée par le pouvoir socialiste et au-delà, par tous les gouvernements ayant voté la baisse des budgets militaires depuis trente ans.

Pour sa conférence de presse consacrée aux questions de défenseMarine Le Pen a choisi mardi Châlons-en-Champagne (Marne) comme ville symbole des sacrifices imposés à l'armée par le pouvoir socialiste et au-delà, par tous les gouvernements ayant voté la baisse des budgets militaires depuis trente ans. La commune, dirigée par le député UMP Benoist Apparu, va subir la dissolution du 1er régiment d'artillerie de Marine (RAMa) prévue avant l'été 2015, ainsi que la suppression de l'état-major de la 1re brigade mécanisée. Une double peine qui devrait se traduire par la disparition de 960 emplois pour une ville de 45 000 habitants.

Répondant à une question sur l'affaire Fillon-Jouyet, la présidente du Front National a estimé qu'il existait des «relations troubles entre l'UMP, le PS et un certain nombre de médias». Si elle juge que cette histoire plonge «au plein cœur de l'UMPS», elle ne demande pas pour autant la démission du secrétaire général de l'Élysée car, selon elle, cela «ne change rien» et le principal sujet posé par cette affaire est surtout un problème d'«immoralité». Elle dit avoir été «choquée» par une réponse que, selon Le Monde, aurait faite Jean-Pierre Jouyet conseillant d'aller voir Sylvie Hubac, directrice de cabinet de l'Élysée, et affirmant qu'on ne pouvait «pas aller plus vite» dans les procédures judiciaires. «Manifestement, sous le mandat de Nicolas Sarkozy comme sous le mandat de François Hollande, des pressions peuvent s'exercer sur la justice», a-t-elle accusé.

En ce 11 Novembre qui célèbre aussi le centenaire de la Première Guerre mondiale, Marine Le Pen a voulu rappeler les grands principes de son programme en matière de défense. Dénonçant le «comportement cynique» d'un pouvoir qui profiterait de la docilité de la «Grande muette» pour réaliser des économies, l'eurodéputée a directement visé Benoist Apparu en se disant «lassée de l'hypocrisie de certains politiques». «Il vote la loi de programmation militaire, il est d'accord pour baisser massivement les effectifs de l'armée mais il faut que ce soit dans d'autres villes que la sienne. C'est une vision de boutiquier, bassement politicienne», a-t-elle accusé en précisant que l'armée ne pouvait être l'objet de négociations liées à l'aménagement du territoire mais que sa vocation était «d'assurer la sécurité du pays». En réponse, Benoist Apparu a dénoncé une opération de «marketing électoral» du FN et rappelé qu'il avait voté contre la loi de programmation militaire en 2013.

Concernant l'économie de la défense, Marine Le Pen s'est dite une nouvelle fois convaincue que l'armée était «à l'os». Baisse des effectifs, non-renouvellement des matériels, coupes budgétaires… Elle estime que la situation est à «la limite de mettre en danger physiquement» les soldats. Rappelant sa volonté de voir sanctuariser ses budgets, elle a renouvelé sa proposition de créer une garde nationale, capable d'intervenir, en coopération avec la gendarmerie nationale, pour la protection du territoire. Ce nouveau service national non rémunéré pourrait accueillir des jeunes durant deux à trois mois avec des périodes de réserve d'une semaine par an, par exemple, comme cela existe dans certains pays. Enfin, réagissant au survol des commémorations, mardi, avec une banderole réclamant la démission de François Hollande, Marine Le Pen a jugé que «ce n'était ni le moment, ni le lieu» pour de telles actions.

Par Emmanuel Galiero le 11/11/2014