Gendarmerie enseigne

Les agressions ont été particulièrement nombreuses dans l'Oise et le Nord.

Faut-il y voir une société qui craint de moins en moins de défier l'autorité? Les chiffres qui recensent les agressions contre les forces de l'ordre, tels qu'ils apparaissent dans deux études récentes*, sont en effet en nette augmentation. Bien plus que la police nationale, la gendarmerie est particulièrement concernée par ces hausses. Dans ses rangs, 5109 personnes ont été «victimes d'atteintes», soit près de 29,6 % de plus que l'année précédente. Parmi elles, 3942 militaires ont été agressés, et 1706 d'entre eux ont été blessés, contre 1342 en 2012, soit une progression de 27,1 %.

Les auteurs du rapport signalent par ailleurs que ces actes de violence sont essentiellement commis lorsque les militaires sont en intervention «pour faire cesser des troubles à l'ordre public ou lors d'interpellations». Les contrôles de police de la route constituent le deuxième poste des atteintes physiques. «Leur part s'est élevée à 16,6 % des actes commis et recensés», est-il écrit.

Sur l'ensemble de ces faits, il y a eu, dans 27 % des cas, usage d'armes. Projectiles, armes à feu et armes blanches ont certes été utilisés, mais dans plus de 44 % des cas, les auteurs de ces actes répréhensibles se sont servis de la voiture comme «d'une arme par destination». Présentant une carte des violences ainsi infligées aux militaires, le rapport souligne que l'Oise et le Nord concentrent, en métropole, un nombre particulièrement élevé d'agressions, avec respectivement 68 et 60 faits recensés. À l'inverse, l'Orne, Paris et l'Hérault sont les trois départements où l'on a relevé les baisses les plus significatives.

Neuf policiers décédés en service

Alors qu'il n'y a guère eu de tués en 2013 parmi les gendarmes, la police nationale a eu à déplorer le décès de neuf de ses policiers en service ou en mission. À l'inverse, si les violences augmentent aussi à l'égard de ces fonctionnaires, la hausse est beaucoup moins spectaculaire. Ainsi, et après trois années de baisses successives, la progression est de 5,6 % par rapport à 2012.

Mais si on regarde les chiffres, la police nationale essuie, année après année, un nombre toujours impressionnant d'agressions en tous genres: 41.481 en 2013, contre 39.287 en 2012. Dans 31,6 % des cas, il s'agit «d'atteintes physiques violentes». Par contre, le nombre de policiers blessés «en mission ou en service» a faibli de 2,5 %: 13.001 en 2012, contre 12.677 en 2013.

Ces données, dans l'ensemble mauvaises, ont fait écho aux propos prononcés, ce mercredi, par le premier ministre, Manuel Valls, en déplacement à Beauvais pour l'inauguration d'un nouveau commissariat. «Exercer le métier de policier est, je le sais, exigeant, difficile, parfois ingrat, souvent dangereux», a-t-il ainsi indiqué et en lançant, à plusieurs reprises: «Soyez fiers. Les Français vous admirent.»

Les atteintes aux personnels et aux biens de la police nationale et de la gendarmerie en 2013», rapport annuel 2014 de l'ONDRP.

Par Angélique Négroni le 19/11/2014

Le Figaro