Marine Conférence de presse

«Je vais le faire. Allez, banco!» Marine Le Pen a promis ce dimanche sur BFM de publier les refus des banques françaises de prêter de l'argent au Front National - refus qui auraient contraint le parti à emprunter à une banque russe. Et ce malgré les grincements de dents que cela risque de provoquer au siège du parti. «Ca va ouiner
Malgré les remous, la présidente du Front national tient visiblement à répondre à l'attaque de Jean-Christophe Cambadélis.

La veille, en clôture des Etats généraux du PS, le Premier secrétaire de la rue de Solférino lui a réclamé de mettre sur la place publique ces fameux refus, persuadé qu'elle ne dit pas la vérité : «Vous mentez et prenez les Français pour des idiots. Vladimir Poutine vous finance parce que vous êtes un pion dans sa stratégie pour faire éclater l'Europe», a-t-il lancé. 

Une allusion à l'emprunt de 9 millions contracté par le parti d'extrême droite auprès d'un établissement bancaire russe, comme l'a révélé Mediapart le mois dernier. Le FN, qui n'a «rien à cacher», se défend en assurant qu'il n'avait d'autres choix. «Je connais bien les liens entre les banques françaises et le gouvernement français. Et c'est peut-être ces liens qui les empêchent de prêter au Front National», estime sa patronne, réélue triomphalement la semaine dernière, lors du congrès à Lyon.

Le FN cherche encore 30 millions d'euros

Elle poursuit : « Le Parti socialiste a toujours trouvé à se financer auprès des banques françaises, l'UMP doit 74 millions d'euros de dettes, ce n'est quand même pas rien, mais il y a bien des banques qui ont financé ce parti. Pourquoi elles ne prêtent pas au FN, en pleine expansion, qui n'a pas de dette ?»

Selon Marine Le Pen, il faudrait obliger les établissements à financer les partis politiques français, car «cela pose un problème démocratique. Si des banques refusent de prêter de l'argent pour financer la démocratie que va-t-il se passer : il n'y aura que des mouvements riches qui pourront se présenter.»

D'autant que le FN est en quête de nouvelles liquidités. Avec les élections départementales et régionales en 2015, le parti doit trouver quelque 30 millions d'euros supplémentaires pour financer les prochaines campagnes électorales. 

Par Sébastien Lernould le 07/12/2014

Le Parisien