Cambadelis Jean-Christophe 4

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par François Falcon le 09/12/2014

On votait ce dimanche dans la troisième circonscription de l’Aube pour élire le successeur du député-maire François Baroin devenu sénateur-maire le 28 septembre dernier. Une élection partielle sans grand risque ni surprise a priori puisque cette circonscription qui englobe une partie de la ville de Troyes est un des vieux fiefs de l’UMP.

Depuis 1993, François Baroin et son suppléant Gérard Menuel y sont confortablement élus, parfois dès le premier tour. Or, François Baroin est vraiment un archétype de la droite socialo-compatible : fils d’un grand maître du Grand Orient, journaliste à Europe 1 sous la houlette de Jean-Pierre Elkabbach, coopté pour se faire élire plus jeune député de France en 1993 puis plus jeune ministre en 1995, en couple avec Marie Drucker puis Michèle Laroque : une vraie caricature de la classe politique actuelle. Autant dire que cette circonscription, ce n’est pas Hénin-Beaumont ! On n’y attendait guère de surprise lors du dépouillement.

En apparence, d’ailleurs, le candidat de l’UMP-UDI Gérard Menuel a tenu son rang. Avec plus de 40 % des voix, il fait presque un score à la Baroin. Pourtant, si l’on tient compte des 75 % d’abstention, c’est moins glorieux et, pour un parti de gouvernement, c’est même un désaveu.

Beaucoup s’attendaient également à ce que le candidat frontiste, Bruno Subtil, dépasse le record local du FN obtenu lors des législatives de 2012, soit 17,8 % des voix, mais peu auraient parié sur le résultat de dimanche soir : avec presque 28 % des voix, le FN remplace le PS local comme parti d’opposition. Comme à chaque élection législative partielle depuis deux ans, il y aura donc un second tour opposant le FN à l’UMP et le Parti socialiste a d’ores et déjà perdu sa majorité absolue à l’Assemblée puisqu’elle ne tenait plus qu’à un siège.

C’est donc surtout le PS qui a passé dimanche une bien mauvaise soirée. On se doutait bien, rue de Solférino, que le candidat socialiste, Olivier Girardin, serait en dessous du score de 2012, où avec 31 % des voix son parti s’était qualifié pour le second tour. On était même prêt à encaisser un score proche de son étiage historique, le petit 19 % des voix qu’il avait obtenu lors des législatives de 2007. On attendait donc stoïquement une claque, mais certainement pas le coup de massue final : avec à peine plus de 14 % des suffrages, le candidat du gouvernement obtient un score crépusculaire, exactement la moitié du score du FN. Si l’on tient compte de l’abstention, on est à moins de 4 % des voix !

Côté UMP, on doit commencer à prier pour que le PS ne fasse pas le petit numéro du front républicain : ce serait un coup à perdre le second tour dimanche prochain.