Marine Le Pen fd noir

Marine Le Pen et Louis Aliot sont montés au créneau pour dénoncer la diffusion d'une photo du vice-président du FN en une du magazine people.

«Ce type de comportement est insupportable (…) Je le dis quand ça touche Florian Philippot, je le dis quand c'est le président de la République. La vie privée, c'est sacré», juge Marine Le Pen. Une position exprimée dans l'émission Mediapolis qui sera diffusée samedi par Europe 1, et dont Le Lab diffuse quelques extraits en avant-première ce vendredi. Au cœur de la polémique du jour, des photos de Florian Philippot en une du magazine people Closer.

«Il va porter plainte et il fera condamner ce torchon», a ajouté Marine Le Pen au cours d'une conférence de presse à Paris en fin d'après-midi. «J'espère qu'il le fera condamner dans des proportions qui éviteront à cette presse de recommencer ce genre d'intrusion dans la vie privée dont j'ai été victime, dont mes enfants ont été victimes», a-t-elle ajouté, évoquant des «méthodes de voyous» qui «vont à l'encontre des grands principes de notre constitution

Cette critique virulente est partagée par le vice-président du FN, qui a aussi qualifié le magazine de «torchon» sur Twitter. Invité ce vendredi matin de RFI, Louis Aliot renchérit: «Ces gens, pour vendre du papier, sont prêts à tout (...). Aujourd'hui, on fait un outing de politique mais il faut s'attendre à ce que demain, des journalistes se fassent eux-mêmes surveiller et suivre et qu'ils se fassent outer sur tous les blogs sur leurs orientations sexuelles ou idéologiques. Et ça, ça me parait être une dérive grave du monde d'aujourd'hui politico-médiatique. À partir du moment où les cadres explosent, je pense que des gens seront prêts à franchir ces barrières-là, qui étaient jusque-là des barrières morales infranchissables».

Journalistes et magistrats responsables

Pour Marine Le Pen, les journalistes ne sont pas seuls responsables. La présidente accuse également le laxisme des magistrats en charge des affaires de violation de vie privée, trop magnanimes dans leurs condamnations selon elle. «Que les choses soient claires: à partir du moment où ils (les journaux, ndlr) vendent je ne sais combien de dizaines de milliers d'exemplaires supplémentaires en violant la vie privée des uns ou des autres, et qu'ils sont condamnés à quelque euros par la justice, alors ils continueront à le faire parce que c'est rentable».

Pourtant, les dirigeants du FN affichent une sévérité variable vis-à-vis de la presse mondaine et de la couverture de la vie privée des politiques. Au moment des révélations de la liaison de François Hollande avec Julie Gayet, les commentaires sur Twitter de Louis Aliot montraient un intérêt certain pour les révélations de Closer. Marine Le Pen, à l'inverse, avait elle dénoncé une atteinte à la vie privée du président.

Le couple Aliot-Le Pen n'a par ailleurs pas hésité à faire étalage d'aspects privés en diffusant la photo d'un baiser, afin de couper court aux rumeurs de séparation lancées par cette même publication. Jean-Marie le Pen en son temps n'avait pas hésité à s'afficher plusieurs fois dans l'intimité du cadre familial, comme par exemple pour l'émission «L'Heure de vérité» en 1984.

Par Marc de Boni le 12/12/2014

Le Figaro