Subtil FN Aube

Dimanche, à l'issue d'un second tour opposant l'UMP-UDI et le FN, les électeurs de la 3e  circonscription de l'Aube choisiront leur nouveau député. Le premier tour de cette législative partielle, provoquée par l'élection au Sénat de François Baroin, maire UMP de Troyes, a déjà acté l'effondrement d'une gauche divisée: 14,69 % pour le PS, 7,46 % pour le PCF, 4,47 pour EELV… Les trois formations ont été largement dominées par Gérard Menuel, le candidat de l'UMP-UDI (40,76 %), et le cumul de leurs voix n'a pas dépassé le score du candidat FN, Bruno Subtil (27,64 %).

Marine Le Pen avait immédiatement salué la performance de ce proche de Bruno Gollnisch bien implanté, parvenu à gagner dix points en deux ans. Elle avait prévu de le soutenir personnellement à Troyes mais, faute de temps, c'est le vice-président du FN, Florian Philippot, qui a animé, jeudi à Troyes, une réunion publique pour mobiliser les troupes dans la dernière ligne droite.

Favori du scrutin, Gérard Menuel, le fidèle suppléant de François Baroin, adjoint au maire et ex-syndicaliste du monde agricole, s'avoue de nature «optimiste». Il aborde ce second tour avec confiance en se disant que les partielles n'ont jamais mobilisé énormément. Il prévoit, d'ailleurs, une participation encore plus faible au second tour sachant que plus de 75 % des électeurs ont déjà ignoré le premier. Le candidat UMP-UDI dit avoir anticipé la progression du FN et la défaite du PS. Les grands équilibres départementaux, selon lui, ne devraient pas être bousculés dimanche dans ce bastion de la droite. «Le PS a lancé un appel en ma faveur, mais cela jouera à la marge car on ne possède pas les voix des électeurs», glisse-t-il en espérant atteindre les 60 % au second tour.

Côté FN, Bruno Subtil s'en tient à l'hypothèse arithmétique: si 4 % des 75 % d'abstentionnistes votent FN, il pense que le retard sera comblé et qu'une surprise sera alors possible. Notant que cette 3e circonscription est celle où l'on s'abstient le plus, il croit à la puissance d'entraînement de la dynamique frontiste, parie sur la mobilisation d'électeurs en colère et mise sur un des slogans préférés du FN. «L'appel à voter UMP du socialiste Girardin, dès dimanche soir, montre bien que l'UMPS n'est pas une invention mais une réalité politique», insiste-t-il. Florian Philippot a repris l'argumentaire, jeudi soir, en promettant que la partie était «parfaitement jouable» et que les électeurs avaient une occasion de faire «trembler le système» en installant un troisième député FN à l'Assemblée.

Réduit au rang d'observateur, Olivier Girardin (PS) s'avoue piégé entre l'obligation de combattre les frontistes «jusqu'à la fin de sa vie» et le constat d'une réalité politique qui le dépasse, sur un terrain où il sait bien que ses positions «n'accrochent plus». «L'effondrement de la gauche est incontestable, mais en réalité, au-delà de cette partielle, c'est tout le système de représentation démocratique qui est en train de s'effondrer», clame-t-il. Puis, inquiet, le maire de La Chapelle-Saint-Luc lance cette alarme, comme une bouteille à la mer: «Les gens ne croient plus à la politique

Par Emmanuel Galiero le 14/12/2014

Le Figaro