Zemmour

Le monde politique est un monde dur, souvent violent et cruel. Pas seulement en raison des luttes pour le pouvoir entre dirigeants politiques, voire des rivalités qui peuvent apparaître au sein des mêmes formations, mais aussi du fait de l’adversité que l’exposition de ses idées sur la place publique peut générer. A fortiori pour ceux qui ne manient pas les concepts mous et consensuels des docteur Morphine de l’Etablissement et luttent frontalement contre le Système. Les militants frontistes en savent quelque chose. Surtout les plus anciens. Certes, le climat autour du FN s’est majoritairement sensiblement pacifié ces dernières années. Mais la longue liste des militants, élus, candidats frontistes agressés physiquement, calomniés, victimes de mises à mort sociale, dont les enfants, les conjoints ont été eux aussi parfois persécutés et menacés est là pour témoigner de la haine qui anime les adversaires du courant national et patriotique.

Nous n’oublierons jamais, et Bruno Gollnisch le rappelle souvent, les sacrifices consentis par les parias du FN et autres militants de la première heure de la cause nationale, populaire et sociale, traînés dans la boue par la caste des bien-pensants. Ce sont eux qui ont permis au FN d’être et de durer. Sans eux, le FN ne serait pas aujourd’hui, sous la conduite de Marine Le Pen, dans la situation historique de mener enfin nos idées au pouvoir.

Une violence dont le journaliste de télévision qui accompagne Florian Philippot sur les photos publiées par Closer témoigne indirectement dans une lettre ouverte adressée hier à la directrice de ce magazine pipole, madame Pieau, et publiée sur le site Rue 89.

Sous le pseudonyme de « Tyto Alba » ( pour les curieux il s’agit du nom savant de la chouette effraie ou dame blanche) il explique les conséquences sur sa vie privée et professionnelle des photos publiés par Closer. Ainsi, alors même dit-il qu’il ne partage pas les idées du FN, et malgré son engagement pour « les causes gays » et « la lutte contre l’homophobie », il a été « la cible de menaces de mort, d’une chasse à l’homme venant s’ajouter à la violence de cette exposition», «(marquant son) image» «de façon indélébile au sein de (sa) profession ».

Si le microcosme politico-médiatique a globalement dénoncé les méthodes de Closer, la presse s’est aussi penchée sur l’arrivée au FN, au sein du cabinet de Marine Le Pen, plus précisément auprès son directeur Philippe Martel, de Julien Odoul, 28 ans, historien de formation, aux évolutions politiques assez fulgurantes.

Après un court passage par le PS pour voter Laurent Fabius à la primaire de 2006 est-il rapporté, il devient ensuite centriste, occupant notamment les fonctions de secrétaire national en charge du Conseil militant chez les Jeunes du Nouveau centre, le parti d’Hervé Morin. Sa carrière politique débuta véritablement entre 2009 relate L’Express, comme assistant du centriste André Santini jusqu’en 2011, avant de devenir secrétaire général du groupe du parti européiste UDI, au conseil général de Seine-Saint-Denis.

En janvier 2011 il déclarait encore à L’Express : « Le centre véhicule toutes les valeurs qui sont les miennes ». Mais n’est-ce pas Bruno Gollnisch qui évoquait ces derniers jours la conversion fulgurante du futur Saint Paul sur le chemin de Damas ?

Valeurs actuelles précise que «c’est Marion Maréchal-Le Pen, qu’il a rencontrée lors des universités d’été du FN à Marseille, en 2013, qui lui a présenté la présidente (du FN). Julien Odoul l’affirme: «Marine Le Pen est la seule alternative pour 2017, c’est elle qui arrive à rassembler les patriotes». Il se définit volontiers comme souverainiste, anti fédéraliste et étatiste» , c’est-à-dire à l’exacte opposé de la doxa centriste.

Ce magazine et Libération ajoutent avec une petite pointe de perfidie que « petite particularité, Julien Odoul a posé pour Têtu. Si en 2011 il se disait très fier d’avoir fait ces photos pour le magazine gay, maintenant qu’il est au FN il assure que c’était pour payer ses études : «Je ne suis pas gay, d’une part, (et) pas communautariste, d’autre part Je ne suis pas un militant LGBT». Ce qui est plutôt une bonne nouvelle puisque ce militantisme là, mais est-il nécessaire de le redire ici, est inconciliable avec le fait de militer au FN.

L’amour de la France et des Français d’abord, la constance dans son engagement patriotique, autant de qualités basiques mais essentielles du militant national. Nous évoquions lundi le cas de Fatima Allaoui, membre de l’UMP passée au SIEL une de composantes du RBM , il y a quelques mois, avant de le quitter pour rejoindre de nouveau l’UMP où elle a été nommée secrétaire nationale à la formation professionnelle par NKM. Finalement démise de ses fonctions au sein du parti sarkozyste au bout de quatre jours, Florian Philippot a proposé lundi sur i-Télé à la jeune femme de « venir au Front National. Si elle est patriote, sincèrement patriote -je pense qu’elle l’est, d’après ce qu’on m’a dit-, alors elle a sa place au Front National

C’est a contrario un problème de place qui a conduit à la mise en examen le 11 décembre (automatique dans les affaires de diffamation et d’injure publique) de l’ex ministre aux Personnes handicapées, la députée socialiste Marie-Arlette Carlotti, pour injure publique à caractère racial. Selon le militant PS et avocat Hacen Boukhelifa, Mme Carlotti aurait déclaré en début d’année lors d’une réunion qu’elle refusait de faire un « ticket » avec lui pour les élections municipales au motif qu’elle avait « déjà un candidat arabe de la diversité sur (sa) liste ». « Il n’a qu’à aller voir Samia Ghali (candidate PS dans le 8e secteur) pour qu’elle le prenne dans les quartiers nord)», aurait-elle poursuivi.

Le racisme, réel ou supposé est pourtant une obsession affichée de la gauche et même d’une large partie de la droite. Eric Zemmour est ainsi de nouveau la cible de toutes les attaques suite à son entretien accordé au quotidien italien Corriere della Sera en date du 30 octobre. Celui-ci a été «opportunément» traduit par Jean-Luc Mélenchon et mis en ligne sur son blogue lundi. Une suite en quelque sorte du débat qui a opposé les deux hommes sur RTL le 12 décembre.

Sur cette antenne, le dirigeant du Front de Gauche avait de nouveau étalé son immigrationnisme gaga digne du Medef,  sa vision désincarnée du peuple français et d’une France réduite à l’héritage de 1789. Tout à fait dans la ligne des élucubrations cosmopolites de la secte du Grand orient à laquelle il appartient.

Dans ce même article posté sur son blogue, le sans-culotte du Front de Gauche ose laver le catastrophique Front populaire, le gouvernement de Léon Blum de ses responsabilités dans le désastre de 40! Classe politicienne qui a refilé au vieux Maréchal, accessoirement homme de gauche et républicain, l’ardoise de ses erreurs et de ses lâchetés. Ce qui n’empêche pas M. Mélenchon de conspuer de manière obsessionnelle le « traitre Pétain » dont le portrait indique-t-il, orne «l’horrible affiche (sic) qui invite à aller voir l’exposition aux archives de France sur la collaboration. Beuark ! ».

« Beuark »? M. Mélenchon, les collabos d’un mondialisme dont l’immigration de peuplement est une conséquence parmi d’autres, reprochent à M. Zemmour d’avoir déclaré à ce journal transalpin que les musulmans «vivent entre eux, dans les banlieues», que «les Français ont été obligés de les quitter». «Cette situation d’un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile».

A la question « mais alors que suggérez-vous de faire : déporter  5 millions de musulmans français? », l’essayiste répond: « Je sais, c’est irréaliste, mais l’histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 qu’un million de pieds-noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d’Algérie pour revenir en France? ».

Pour ceux qui se penchent honnêtement sur le programme du FN, qui connaissent la position ferme mais mesurée qui est celle de l’opposition nationale et patriotique quand il traite d’immigration, les différences (réelles) apparaissent entre le discours zemmourien et celui du Front.

Le FN n’a jamais stigmatisé les immigrés (ce dont se défend également M. Zemmour dont les propos sont plus nuancés que leur résumé), mais dénonce les politiques d’immigration massive mises en place par la droite et la gauche depuis Giscard.

Le FN n’est certainement pas en guerre contre les musulmans et l’islam. On peut être de toute évidence un parfait musulman et un authentique patriote français. Mais il est certain que les revendications religieuses, le prosélytisme communautariste de certains extrémistes mahométans sont nourris mécaniquement par l’immigration de peuplement. Celle-ci interdit de facto toute assimilation et transforme effectivement la physionomie et le climat régnant dans de nombreux quartiers. C’est en niant cette réalité là que le mal prospère.

Le programme défendu par le FN vise justement à éviter cette « guerre civile » ou à tout le moins ce chaos social, économique, identitaire, qu’Eric Zemmour juge inéluctable. Contrairement à l’auteur du « suicide français », le FN ne sombre pas dans un fatalisme, bien étranger au génie de notre pays, de notre civilisation helléno-chrétienne. Sinon à quoi bon se battre? Aide-toi le ciel t’aidera!

Il n’en reste pas moins que Bruno Gollnisch, partisan de la liberté d’expression, du droit de penser en dehors des clous, exprime instinctivement sa solidarité avec Eric Zemmour qui voit s’abattre sur ses épaules les pires anathèmes et amalgames.

Dans sa recension de cette « affaire » Europe 1 qui croit utile de rappeler qu’ Eric Zemmour est «un juif originaire d’Afrique du nord» (une information utile au débat ?) évoque les réactions du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve qui parle « d’odieuses attaques » contre «le vivre-ensemble». Ou encore «l’Observatoire national contre l’islamophobie, qui dépend du Conseil français du culte musulman (CFCM) », qui dénonce des «propos (qui) viennent s’ajouter à une litanie de déclarations abjectes et sans fondement de ce prêcheur de haine patenté à l’encontre de l’islam et des musulmans ».

Pour faire bonne mesure, le pseudopode du PS SOS racisme annonce qu’il va porter plainte contre un homme « mû par une haine tenace envers les populations arabo-musulmanes ». Pas en reste, le patron des députés socialistes, Bruno Le Roux, appelle à chasser M. Zemmour des médias: «il est temps que les plateaux télé et les colonnes des journaux cessent d’abriter de tels propos». Toujours cette vieille pulsion totalitaire qui est dans l’Adn d’une certaine gauche …

Nous ne pouvons que conseiller à nos belles âmes antiracistes, aux bourgeois du  PS, du Front de gauche, des médias, à tous les militants béats et /ou hypocrites du vivre-ensemble, de quitter les quartiers white, blancos comme dirait Manuel Valls, dans lesquels ils vivent tous. Qu’ils mettent leurs actes en conformité avec leurs propos, déménagent et s’installent dans les quartiers pluriels que décrit Eric Zemmour.

Ce serait là le signe d’un engagement citoyen fort et la preuve indubitable que M. Zemmour est un fou haineux aux fantasmes délirants. Après tout l’immersion dans le quotidien des Français est parait il très tendance dans les médias…

Le 17/12/2014

Bruno Gollnisch