Stéphane Montrelay 2015

Stéphane Montrelay, vous avez été élu Maire de Rans sans étiquette en mars 2014 et avez opté pour rejoindre depuis peu le Rassemblement Bleu Marine. Qu'est ce qui a motivé ce choix ?

"Elu maire de ma commune lors des dernières élections municipales, je me suis trouvé plongé dans le monde politique et l’hypocrisie de certains élus. Mon engagement n’était ni compatible avec ces usages ni avec la politique engagée par le PS comme de l’UMP. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé de me rapprocher du RBM. J’y ai découvert des personnes convaincues et sincères dans leur volonté de faire bouger les lignes".

Vous serez candidat titulaire avec Françoise Molard sur le canton de Mont-sous-Vaudrey, lors des prochaines élections départementales. Quel est votre objectif pour ce scrutin ?

"Je serai en effet titulaire sur le canton avec Françoise Molard mais je peux d'ores et déjà vous annoncer que mon suppléant sera un élu de la république, Luc Bejean, maire de la commune de Monteplain.

L'objectif pour ce scrutin est clair : faire notre entrée au sein du Conseil général, avec des personnes crédibles, soucieux des intérêts des Français et plus particulièrement des Jurassiens".

Depuis quelques temps, l'actualité vous est particulièrement favorable... Est-il devenu plus facile aujourd'hui d'affirmer son étiquette Front National ? 

"Il est vrai que l'actualité de ces derniers mois nous est favorable et donne raison à l’ensemble du programme proposé par Marine le Pen. Cet élan s’est confirmé aux dernières élections municipales et surtout aux dernières élections européennes où le Front National est devenu le premier parti de France bien loin devant l’UMP.

Concrètement et en toute sincérité, je pense qu’il n y a aucun courage à affirmer son étiquette au RBM ou au FN au regard de l’urgence de la situation que connaît notre pays. Je pense même qu’il est bien plus courageux de se présenter sous une étiquette UMPS quand on voit dans quel état de délabrement ils ont mis notre France !"

Quelle a été la réaction de votre Conseil Municipal et de vos administrés face à votre décision de rejoindre un parti politique alors que vous avez été élu sur une liste sans étiquette ?

"Je ne vous cache pas que j’ai eu quelques réactions épidermiques face à moi mais de façon très marginale. Après explications, les gens comprennent rapidement le sens de mon engagement. 

Avec les membres du conseil municipal, nous avions fait une liste sans étiquette ; Sur une commune de 511 habitants cela nous semblait ridicule à notre sens d’emprunter une étiquette politique dans la mesure où c’est la gestion en bon père de famille qui est primordiale et non les convictions politiques.

Au sein du conseil, certains ont reconnu que nous n’avions pas les mêmes idées mais chacun a su reconnaître mon ouverture d’esprit, mon sens du devoir et du travail accompli depuis le début de mandat.

J’invite mes administrés à me juger sur mon travail accompli plutôt que sur mes idées politiques qui ne changeront la rigueur que je mets dans la gestion de notre commune.

Je regrette toutefois un certain manque de professionnalisme de la part de vos confrères nationaux, déchaînés, qui indiquaient que ma commune était FN. Ils pourraient rester sur cette posture malhonnête, mais comment vont-ils titrer leur prochaine édition quand ils écriront sur l’investiture PS de l’un de mes voisins maire pour les prochaines élections ? Vont-ils dire que la commune est devenue PS ?"

Par Cyril Kempfer le 13/01/2015

Hebdo 39