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Les réactions politiques sont nombreuses au lendemain du premier tour de la législative partielle du Doubs, qui a vu l'élimination du candidat UMP, tandis que le candidat du Front National arrivait en tête.

Déchirement à l'UMP

L'UMP se divise au lendemain de son élimination face au FN et au PS au premier tour de la législative partielle du Doubs. Le parti arrêtera sa position mardi, à l'issue de son bureau politique. Son candidat a été éliminé au premier tour dimanche dans le Doubs face au FN et au PS, une première depuis 2012, lors d'une élection législative partielle.

"Je ne peux pas vous dire quelle sera la position de l'UMP", a expliqué lundi Nathalie Kosciusko-Morizet sur RMC et BFM TV. "En revanche, je défendrai celle que j'ai toujours défendue, à savoir que si j'étais personnellement confrontée à ce choix, et avec regret, sans gaieté de coeur, je choisirais de voter pour le candidat qui est opposé au candidat du Front National", "en l'espèce" celui du PS, a déclaré NKM. "Je ne renvoie pas dos à dos le Parti socialiste et le Front national. Le PS avec lequel je n'ai rien de commun, à la politique duquel je ne participe en aucune manière - je pense qu'il désespère la France. Mais je crois que le Front national défigurerait la France", a insisté NKM. L'ancienne ministre de l'Environnement, proche de Nicolas Sarkozy, a ainsi réaffirmé sa "position constante" alors qu'une absence de consigne de vote - le "ni-ni" - a été jusqu'ici la position de son parti.

Peu de voix se sont exprimées dans le sens de Nathalie Kosciusko-Morizet, hormis l'ancien ministre et proche de Jean-Pierre Raffarin Dominique Bussereau. Appeler au "front républicain" serait "un peu une solution de facilité, c'est une manière de se défausser", a déclaré Bruno Le Maire sur France Info. Il y voit aussi "une façon de dire à tous les électeurs qui ont voté pour le Front national vous ne faites pas partie de la République", alors que "le rôle de l'UMP est de rassembler" autour d'une "certaine idée de la République". "Le Front national n'est pas une voie, mais le front républicain n'en est pas une autre", a pour sa part déclaré l'ex-ministre UMP Luc Chatel.

Ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, le député Henri Guaino a exprimé sur France Inter sa "conviction personnelle depuis longtemps" que le front républicain était "une folie", un "double mépris" vis-à-vis des électeurs UMP qui "n'appartiennent à personne" et de ceux qui "ont voté FN" à qui "on ne peut pas dire nous ferons tout pour que votre vote n'ait aucune conséquence".

"Faire barrage"

L'UDI et son président Jean-Christophe Lagarde ont appelé dès dimanche à faire barrage à l'extrême droite, tandis qu'à gauche le président (PS) de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, a estimé qu'il n'avait "pas de leçon à faire" aux dirigeants de l'UMP. Mais "chacun doit prendre ses responsabilités" face à un "parti xénophobe", a-t-il dit sur RTL.

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du Parti socialiste, a enfoncé le clou ce lundi. Il "demande officiellement" à l'UMP de soutenir le PS face au FN lors du second tour de la législative partielle du Doubs, et attribue d'avance un possible refus de Nicolas Sarkozy à sa stratégie en vue de 2017. "C'est un premier round, nous l'avons emporté, tout du moins dans les partis républicains. Aujourd'hui, il faut battre le Front National. Or ce n'est pas fait. Il faut la mobilisation de tous, de tous les partis républicains", a déclaré M. Cambadélis lundi sur LCI et Radio Classique. "Pourquoi Nicolas Sarkozy ne veut pas appeler à voter (pour le PS contre le FN) ? Parce qu'il espère siphonner les voix du Front National lors d'une présidentielle. Il l'a déjà fait. Mais que se passe-t-il aujourd'hui ? C'est le Front National qui siphonne l'UMP", a analysé Jean-Christophe Cambadélis.

Le FN confiant

Louis Aliot, vice-président du Front National, a estimé lundi qu'une "grande majorité" des électeurs de l'UMP allait "se reporter sur la candidate FN", quelle que soit la position du parti. "On voit bien qu'il y a une division dans cette famille politique, que l'on retrouvera dans l'électorat. Je pense par expérience qu'une grande majorité des électeurs de l'UMP se reportera sur la candidate FN. (...) En général, quand vous avez des deuxièmes tours PS-FN, une grosse partie des électeurs de l'UMP se reporte sur le candidat du Front National", a déclaré M. Aliot sur LCP.

"Avec autant d'abstentions, ce sont les abstentionnistes qui ont les clés" du second tour dimanche dans le Doubs, a cependant précisé le vice-président du FN.

Le FN en tête face au candidat PS, "il faut prendre ça comme un test national pour le gouvernement, mais aussi une évaluation des forces sur le terrain". La 4e circonscription du Doubs est une "circonscription emblématique pour le PS" et le FN a "une énorme progression". Par ailleurs, "il n'y a pas d'effet Sarkozy dans ces élections-là", a-t-il jugé.

Le 02/02/2015 avec AFP

Le Point