PS sous cloche

Une victoire aux accents paradoxaux  : Avec 50.93% des suffrages, Frédéric Barbier, le vainqueur, joue la modestie et appelle la classe politique à une « remise en cause » alors que les perdants, le FN, crie "victoire". 863 voix seulement séparent les deux candidats.

L’élu estime que l’ascension du FN doit être prise au sérieux. « La classe politique doit renouer avec les citoyens. Le personnel politique doit se remettre en cause. A ces conditions, cette élection peut être un tournant du quinquennat et redonner un élan au pays. (…) Il faut garder l’esprit d’union nationale autour des valeurs républicaines.

Habituellement, les « remises en cause » sont plutôt des éléments de langage utilisés par les perdants…

Sophie Montel rappelle qu’en 2012 son score n’était que de 23%. Ces 48.57% sont « une voie royale pour 2017", année de l’élection présidentielle. "Deux ans et demi, cela passe vite. Cette élection, poursuit la candidate du FN, signe l’éclatement du tripartisme. Une perspective intéressante pour 2017 ».

La mobilisation des électeurs du Doubs a donc été favorable au candidat socialiste qui avait appelé au front républicain. Entre les deux tours, l’abstention a chuté d’environ 10% (60.44% à 50.93%). 

Ce duel serré et suivi par toute la classe politique, opposait la candidate du Front National, Sophie Montel, 45 ans, arrivée en tête du 1er tour avec 32,60% des voix, au socialiste Frédéric Barbier (28,85%), 54 ans, dans un scrutin organisé un mois après les attentats de Paris.

Un sondage publié jeudi donnait la gauche gagnante dans cette circonscription industrielle et ouvrière, berceau du constructeur automobile PSA Peugeot Citroën.

Détendu et affichant un sourire, Frédéric Barbier, avait voté en fin de matinée dans sa commune à Pont-de-Roide.

Souriant car donné favori dans ce sondage Ifop publié jeudi (avec 53% d'intentions de vote contre 47% à sa concurrente frontiste).

La candidate FN Sophie Montel  habite une commune située à une vingtaine de kilomètres de Besançon et ne vote pas dans la circonscription. Elle a choisi de visiter une demi-douzaine de bureaux de vote dans l'après-midi, notamment à Abbévillers et Blamont. Devant la presse, elle s'est déclarée "assez confiante" sur l'issue du scrutin. Sophie Montel a ensuite  assisté dans la soirée au dépouillement de bulletins dans une école d'Allenjoie.

Cette partielle, destinée à pourvoir le siège laissé vacant dans la 4e circonscription par le socialiste Pierre Moscovici après son départ pour la Commission européenne, a été érigée en test par l'ensemble de la classe politique avant les prochaines départementales. Cette victoire du candidat socialiste mettrait un coup d'arrêt à une série noire pour le PS, qui n'a pas gagné une des 13 élections partielles organisées depuis le début du quinquennat de François Hollande.

Par Isabelle Brunnarius le 08/01/2015 avec AFP

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