Hollande lunettes de protection

Un mois seulement après les attentats et la marche républicaine du 11 janvier, François Hollande et Manuel Valls voient leur cote de popularité chuter brutalement, selon notre baromètre Ipsos-Le Point (*). Le chef de l'État perd 8 points pour retrouver 30 % de bonnes opinions, soit un niveau comparable à février 2013, époque où sa cote avait déjà subi la déception de l'opinion sur le front du chômage. Les opinions défavorables remontent de 10 points à 67 %. Grosso modo, il perd 40 % de "l'effet Charlie" en quelques semaines. Ça va vite !

La conférence de presse de jeudi dernier ne semble pas avoir été à la hauteur des attentes. François Hollande recule en effet de 7 points à gauche (53 % de soutiens) et de 8 points auprès des sympathisants PS (62 % de bonnes opinions). La baisse est encore plus marquée chez les sympathisants du centre (- 20 points au MoDem) et de l'UMP (- 12 points).

Tous les socialistes en baisse

Manuel Valls baisse dans des proportions similaires (- 7 points), mais, à la différence du chef de l'État, le Premier ministre conserve un fort capital chez les sympathisants UMP où il ne perd que 2 points (52 % de bonnes opinions) ou au FN (- 3 points, 35 % de bonnes opinions). À gauche, Manuel Valls recueille 60 % (- 11 points) de bonnes opinions, et 73 % chez les sympathisants PS (en baisse de 9 points). Toutes les personnalités socialistes du baromètre sont en baisse.

La déception des sondés se lit de manière plus générale à l'égard de l'ensemble du personnel politique puisque, sur 31 personnalités testées, 22 sont à la baisse, 5 sont stables et 4 enregistrent une progression infime, à peine significative. Parmi ces dernières, Christine Lagarde (47 %, + 2 points), Marine Le Pen (31 %, + 1 point), Bruno Le Maire (32 %, + 1) ou encore Laurent Wauquiez (26 %, + 1). On remarquera que Le Maire comme Wauquiez ont appelé clairement au "ni-ni" cette semaine lors de la législative partielle du Doubs.

Sarkozy et Juppé en baisse à l'UMP

Alain Juppé domine toujours le classement avec 56 % de bonnes intentions (en baisse de 4 points). Il devance Christine Lagarde (47 %), Laurent Fabius (43 % , - 5 points), Ségolène Royal (43 %, - 1 point). Bernard Cazeneuve, qui avait fait une entrée fracassante le mois dernier en raison de son rôle dans la crise sécuritaire, se maintient dans les premières places, avec 42 % de bonnes opinions, mais lui aussi accuse un recul de 5 points. Au classement général, Nicolas Sarkozy (38 % de bonnes opinions, - 2 points) est encore devancé par François Fillon (40 %, - 1 point).

La semaine difficile de l'UMP, embourbée dans la zizanie du "ni-ni", n'a pas modifié la hiérarchie dans le coeur des sympathisants UMP. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, qui n'étaient pas sur le "ni-ni", sont en baisse. Sarkozy demeure en tête avec 76 % de bonnes intentions (- 3 points) devant Christine Lagarde (73 %, + 6 points), Alain Juppé (73 %, - 2 points) et François Fillon (60 %, - 1 point). Juppé, qui a appelé à voter PS, est logiquement sanctionné par les sympathisants du Front national, chez qui il tombe à 33 % de bonnes intentions, en recul de 13 points. En revanche, Bruno Le Maire, qui a affirmé son opposition ferme au vote PS, progresse de 9 points chez les sympathisants FN (31 % de bonnes opinions) et progresse de 6 points chez les sympathisants UMP (50 % de bonnes opinions).

Chez les sympathisants socialistes, Ségolène Royal reprend la tête avec 63 % de bonnes opinions (- 3 points) devant Najat Vallaud-Belkacem (62 %, - 4 points) et Martine Aubry (61 %).

Retrouvez ici les détails et l'ensemble des chiffres de notre baromètre Ipsos de février.

(*) Enquête téléphonique réalisée les 6 et 7 février 2015 auprès de 963 personnes constituant un échantillon national représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus selon la méthode des quotas.

Le Point