Conseil régional de Picardie

Les élections régionales n'auront lieu qu'en décembre prochain mais sont déjà dans toutes les têtes. L'UMP, l'UDI, le Parti socialiste et le Front National ont réalisé quelques avancées dans le choix de leurs candidats pour ce scrutin qui revêt une grande importance.

Outre la prise de pouvoir dans les nouvelles régions dessinées par la dernière réforme territoriale, l'opposition aura à cœur de changer la couleur de la carte de France, à forte dominante rose depuis le scrutin de 2010. Seules six régions ne sont actuellement pas détenues par le Parti socialiste mais trois d'entre elles sont aux mains de ses alliés (Corse (PRG), Languedoc-Roussilon (DVG) et Martinique (DVG)). L'UMP ne détient que l'Alsace, La Réunion et la Guyane.

Le grand combat de l'Île-de-France

Un an après le duel qui a opposé l'UMP et le PS pour la succession de Bertrand Delanoë à Paris, l'Île-de-France sera une nouvelle fois le théâtre d'un affrontement politique d'importance. L'UMP a investi Valérie Pécresse, présidente du groupe UMP au Conseil régional et ancienne ministre, pour tenter de succéder à Jean-Paul Huchon (PS), en poste depuis 1998. Il s'agira de sa deuxième tentative, après celle infructueuse de 2010.

Si le Parti socialiste désignera son candidat après les élections départementales des 22 et 29 mars prochains, le président sortant semble bien parti pour tenter sa chance une quatrième fois. L'UDI a également décidé de se lancer dans la bataille en investissant la sénatrice Chantal Jouanno, aux dépens de Rama Yade, elle aussi intéressée par cette campagne.

Si l'on attend encore le nom du candidat FN, un autre concurrent s'est déjà fait connaître. Nicolas Dupont-Aignan, président de la Debout la France, sera présent. Il y a cinq ans, le député de l'Essonne avait obtenu 4,15% des voix.*

Marine Le Pen dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie ?

Les projecteurs seront également braqués sur la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, à propos de laquelle Marine Le Pen réfléchit activement. Comme elle l'a indiqué lors de sa venue au Grand Jury RTL-Le Figaro-LCIla présidente du Front National étudie l'éventuelle compatibilité d'une candidature aux régionales avec son engagement quasi-certain, sauf immense surprise, à la prochaine présidentielle.

Si elle tentait l'aventure, Marine Le Pen retrouverait face à elle l'ancien ministre Xavier Bertrand, futur candidat à la primaire UMP de 2016, pour ce qui pourrait ressembler à un grand test de crédibilité présidentielle pour celui qui peine à exister derrière Nicolas Sarkozy et Alain Juppé.

Le Parti socialiste a, lui, décidé d'envoyer Pierre de Satignon, premier vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais, alors que le nom de Martine Aubry avait un temps été évoqué. L'UDI ne compte pas laisser passer sa chance et a investi Valérie Létard, sénatrice et présidente de la communauté d'agglomération Valenciennes Métropole.

Le ticket socialiste du Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées

Les militants socialistes ont choisi : la secrétaire d'État chargée du Commerce, Carole Delga, et le président du Conseil régional du Languedoc-Roussillon, Damien Alary, représenteront ensemble le PS dans le nouvel ensemble Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Ils devraient selon toute vraisemblance trouver Louis Aliot sur leur route. L'eurodéputé et vice-président du FN se dit prêt à abandonner tous ses mandats en cas de victoire dans la région. Si l'UMP n'a pas encore choisi son candidat, le PS va devoir composer avec une nouvelle difficulté. Son allié, le PRG, ambitionnerait d'avoir un candidat dans l'une des treize nouvelles régions et aurait choisi la ministre du Logement, Sylvia Pinel, pour le représenter dans ce grand ensemble sudiste.

L'UDI investit ses poids lourds

Alors qu'elle n'exclut pas de s'allier à l'UMP dans certaines régions telles que la Provence-Alpes Côte d'Azur, l'UDI a choisi d'investir plusieurs de ses figures les plus importantes. Outre Chantal Jouanno et Valérie Létard, Laurent Hénart, président du Parti Radical et maire de Nancy, sera candidat en Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine ; Hervé Morin, président du Nouveau Centre en Normandie ; François Sauvadet, le président du Conseil général de Côte-d'Or, en Bourgogne-Franche-Comté et Philippe Vigier, président des députés UDI, dans le Centre.

Une stratégie offensive qui pourrait permettre de créer la surprise dans certaines régions et de la mettre en position de force par rapport à l'UMP. Le risque de disperser les voix de la droite et du centre reste toutefois réel et pourrait, au contraire, donner une vraie chance aux candidatures du FN et du Parti socialiste.

Deux cas, les régions Bourgogne-Franche-Comté, pour laquelle l'UMP a choisi le sénateur Alain Joyandet, et l'Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez a été investi, devraient donner lieu à des objections de l'UDI, selon une source au sein de l'UMP.

Jean-Marie Le Pen en PACA

Si certains, dont Marine Le Pen, attendaient une candidature de Marion Maréchal-Le Pen dans le Sud-Est, c'est finalement Jean-Marie Le Pen qui devrait porter les couleurs du Front National en PACALa présidente du parti assure n'y voir aucune objection et la commission d'investiture du FN devrait donc valider la décision de son président d'honneur, annoncée le 11 janvier dernier.

Fort de l'excellent score obtenu lors des européennes (27,8%), Jean-Marie Le Pen abordera ce scrutin avec un statut de favori. Face à lui, le PS enverra Christophe Castener, le député-maire de Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence), préféré au premier vice-président du Conseil régional, Patrick Allemand. L'UMP et l'UDI sont encore en discussion sur la stratégie à adopter et la (ou les) personnalité(s) à envoyer en campagne.

En 2010, Thierry Mariani (UMP) avait pris la tête des scrutins au premier tour (26,6%). Sa liste avait finalement terminé deuxième au second tour avec 33,02% des voix, derrière l'alliance PS-PRG-MRC-FG-EELV-Cap21 conduite par Michel Vauzelle (44,11%) et devant... Jean-Marie Le Pen (22,87%).

L'option Le Drian en Bretagne ?

L'UMP et l'UDI ont déjà investi leur candidat pour tenter de reprendre le Conseil régional de Bretagne aux socialistes. Le sénateur Michel Cavenet (UDI) et le député-conseiller régional Marc Le Fur (UMP) ne connaissent cependant pas le nom de leur futur adversaire.

Président du Conseil régional entre 2004 et 2012, Jean-Yves Le Drian serait poussé par certains de ses proches pour tenter de remporter une troisième élection consécutive. Le Parti socialiste n'a pas encore tranché et la situation paraît compliquée. Manuel Valls serait, selon les rumeurs, opposé au départ de son ministre de la Défense, qui garderait toujours un pied dans sa région.

Il se dit que Jean-Yves Le Drian aurait activement milité pour éviter à la Bretagne d'être concernée par la réforme territoriale.

Par Romain Renner le 10/02/2015

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