Sondage 2

Selon le baromètre TNS Sofres, ils sont la moitié à envisager cette possibilité au niveau local. Une autre étude montre que les anciens électeurs de Nicolas Sarkozy sont plus sensibles aux sirènes frontistes que le reste des Français.

Eviter que ne se reproduise le scénario du Doubs. Face au risque de voir leur candidat éliminé au premier tour d'une élection, les sympathisants de l'UMP sont de plus en plus nombreux à souhaiter une alliance avec le Front National. Selon le dernier baromètre TNS Sofres sur l'image du parti frontiste (1), ils sont la moitié (50%) à souhaiter une évolution en ce sens au niveau local. C'est 10 points de plus qu'il y a un an. Ils sont même 43% à souhaiter que les deux formations politiques aillent encore plus loin et scellent un accord au niveau national. Là aussi, ce chiffre est en progression: ils n'étaient que 37% en 2014.

Entre les deux études, le Front National a connu une année électorale exceptionnelle: une dizaine de mairies décrochées aux municipales, une première place aux élections européennes et l'envoi de ses deux premiers sénateurs au palais du Luxembourg. Le temps est loin où Nicolas Sarkozy parvenait, notamment grâce à ligne insufflée par Patrick Buisson, à capter l'électorat frontiste: à la présidentielle et aux législatives 2007, le FN s'était effondré (10,2% et 4,29%).

Huit ans plus tard, malgré le retour en politique de l'ancien président, ses anciens électeurs seraient 42% à voter à envisager de voter à l'extrême droite à un scrutin local, selon une étude Odoxa pour Le Parisien (2). Seuls 36% opteraient pour le «ni-ni», prôné par l'UMP depuis 2011 en cas de second tour FN-PS. En revanche, les électeurs UMP ne sont pas près de voter pour Marine Le Pen à un scrutin national (68% sont contre).

Aux yeux des sympathisants UMP, pourtant, le Front National se crédibilise. Ils sont ainsi 43% à croire que ce parti a la capacité de participer à un gouvernement. C'est six points de plus que l'an dernier.

Le niveau d'adhésion aux idées du FN reste haut

Face à la poussée électorale du FN, les Français opposés aux idées du parti frontiste s'alarment. Ils sont ainsi majoritaires à penser que ce parti représente un danger pour la démocratie (54%, +4). Si la tendance est à l'augmentation, elle reste néanmoins bien inférieure à ce que la méfiance à l'égard du parti a pu être quand il était mené par Jean-Marie Le Pen. En 2002, après l'accession du FN au second tour de la présidentielle, 70% voyait en lui un danger pour la démocratie.

Le niveau global d'adhésion aux idées du FN reste haut, comme c'est le cas depuis la prise en main du parti par Marine Le Pen. De 18% en janvier 2010, il est grimpé rapidement pour se stabiliser à son niveau actuel, autour de 30%. Cependant, en 1991 et en 2002, ils avaient déjà atteint des niveaux semblables, avant de rechuter lorsque le parti avait été confronté à des difficultés. Globalement, les Français restent en large désaccord avec les idées frontistes (62%).
Dans le détail, les thèmes de prédilection du FN séduisent un peu moins que l'an dernier. Que ce soit que soit sur la sévérité de la justice, le nombre d'immigrés, la place des musulmans ou encore l'abandon de l'euro et le retour au franc, tous sont en baisse auprès des sondés. La préférence nationale à l'emploi est également toujours massivement rejetée. Au début des années 2000, et notamment au moment du second tour de la présidentielle de 2002, ces thématiques étaient beaucoup plus en vogue auprès des Français, comme le montre le graphique ci-dessous. Après une lente diminution, elles avaient connu un regain de popularité au moment de la prise de pouvoir de Marine Le Pen.

Cette année, seules les propositions liées au renforcement des pouvoirs de la police ou au rétablissement de la peine de mort remportent une adhésion croissante auprès des Français. Peut-être faut-il y voir un effet des attentats de janvier à Paris.

(1) Sondage réalisé pour Le Monde, France info et Canal +, du 29 janvier au 2 février auprès de 1031 personnes.

(2) Sondage réalisé pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, les 12 et 13 février, auprès de 1013 personnes.

Par Julien Licourt le 16/02/2015

Le Figaro