questions

Editorial de Gilbert Collard, député RBM du Gard, Secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine du 02/03/2015

Qu’est-ce qui se passe ? Pourquoi sommes- nous devenus si cons ?

Question qui pourrait paraitre grossière, si ce n’était le titre du livre d’Alain Bentolila, professeur de linguistique à l’université de Paris-Descartes, et qui, si j’en étais le seul inventeur, me vaudrait encore des leçons de politesse de la part des puritains qui applaudissent quand on « nique la France ».

Alain Bentolila a son explication, j’ai la mienne. Tout est échec ! L’économie, le chômage, l’intégration, l’éducation, la sécurité, l’Europe, les choix de politique étrangère, la confiance dans les médias, la confiance dans le monde politique où les guerres fratricides fusillent l’option de l’intérêt général, la confiance dans la justice qui, à travers les affaires DSK et Bettencourt, révèle un art consommé de perdre son temps dans le Kama Soutra et les vieilles dentelles.

Quel est ce pays où les écoles confessionnelles, les lieux de culte, d’expression, sont surveillés par l’armée et la police, où l’on doit empêcher des jeunes, de souche ou pas, qu’importe, d’aller faire la guerre pour des bouchers se proclamant religieux, qui assassinent juifs, musulmans et chrétiens, détruisent des œuvres d’art que le temps vénère, afin de les conserver, ces jeunes, bien au chaud dans le chaudron d’un pays qui a peur même des mots, et qui détourne l’horreur réelle par des slogans et des manifs .

Est-ce mon pays, la France, ce grand pays rapetissé, non par lui-même, mais par la lâcheté et la débâcle mentale qui s’expriment dans l’hypocrisie des puissants à nommer le mal, à crier la vérité, à dénoncer l’atmosphère tragique, l’air vénéneux qu’on respire, à s’installer, une fois pour toute, dans la réalité des événements !

Les balles crépitent, les couteaux coupent, les corps brûlent, les croix se dressent, les juifs s’enfuient, l’état islamique s’organise, à quatre heures de Rome, pour envahir l’Europe par la Lybie, mais seuls les mots explosent : la police des mots a ses commissaires, ses menottes, ses geôles médiatiques, ses cibles, son fer rouge.

Un cimetière juif est profané par des antifas, pourquoi ? Chut ! La question ne sera pas posée !

Le président du CRIF commet la transgression suprême de reconnaitre que Marine le Pen est «irréprochable », que son mouvement ne commet pas de violence ?  Il doit immédiatement faire repentance verbale en précisant qu’elle est infréquentable ! Des millions de français qui votent pour elles sont mis en quarantaine, au moment où le « pas d’amalgame » serait la potion magique, pourquoi ?  Que vous ont-ils fait ? On se raccroche aux propos tenus par le père et que la fille a condamnés depuis longtemps dans son livre « à contre flots » !  Le même président du CRIF  dit que les agressions sont le fait d’une minorité de musulmans dévoyés, Dalil Boubakeur tire la nappe et refuse d’aller dînerHollande recolle la vaisselle, et son ministre de l’intérieur découvre que « nous avons besoin d’imams qui maitrisent les principes de la République » Il était temps… Improvisateurs dont les décisions n’arrivent qu’une fois le mal installé! Toute la lâcheté est là, attendre la permission médiatique de l’événement pour oser…

Dix-sept morts, et l’on apprend que les policiers vont être dotés de plus de véhicules, d’armes, de gilets pare-balles, qu’un plan de protection est mis en place, comme si la menace n’existait pas avant le drame ! Même la sécurité des cibles de Charlie hebdo laissait à désirer.

La loi sur le renseignement n’est toujours pas en place, mais la loi Macron dictée par Bruxelles est votée à coups de botte de 49-3. L’état islamique brandit l’arme des migrants, en connaissance de cause parfaite de nos faiblesses frontalières, mais, pour l’heure, rien de nouveau dans la passoire. Des minutes de silence sont offensées dans les écoles, équivalent symbolique d’une profanation, et on découvre qu’il faut enseigner les valeurs de la République, l’enseignement moral et civique, dont le FN n’a cessé de proclamer l’utilité.

On nous traitait alors de vieux cons de sacristie !

On redécouvre l’importance de l’histoire, après l’avoir mutilée, au moment où un amendement de la loi Macron, pourtant dédiée à l’économie, pourchasse les fêtes chrétiennes, ce qui prend la forme d’un refus d’héritage. Ab intestat !

Les Chrétiens d’Orient sont crucifiés dans le linceul d’un silence international qui hurle à la mort et on est là, bras ballants, s’agitant de mots : barbarie, boucherie, Coulibaly ! On est en guerre, et Babette s’en va à Manille finir la partie de cartes de César.

La seule pensée qui domine tout, révélatrice d’un je m’enfoutisme  politicard, d’une trouille diarrhéique des urnes, c’est la stigmatisation de Marine le Pen et de ses électeurs à tous propos, tout bout de champ de mines. L’exemple vient d’en haut  ou d’en bas : le Président de la République s’adressant à des journalistes s’implique dans l’élection du Doubs ; le Premier ministre, en visite champêtre électorale au salon de l’agriculture, alors qu’un agriculteur se suicide tous les deux jours, vient braire devant les vaches qu’il faut faire barrage au Front National.

Un cimetière juif est profané par des antifas, c’est la faute aux électeurs du Front !

Ils n’ont qu’une seule préoccupation, faire durer le système le plus longtemps possible, quoiqu’il en coûte, quoiqu’on en souffre, quoiqu’on s’en désespère. Avec pour seul programme, la diabolisation du FN ! Partout dans les médias, ils transportent le saint sacrement des valeurs républicaines, oubliant même qu’ils avaient reproché à de Gaulle de ne pas le respecter. On est en bonne compagnie !

La France en est arrivé là, au gouffre, parce que le vent gouverne, parce qu’ils ont tout vu venir sans agir, en attendant que le vent vote, en ayant peur de tout, de rien, à genoux devant l’immense connexion bancaire que représentent l’union européenne et la puissance incontrôlée de la Troïka, véritable mafia de la monnaie unique. Et dans cette misère, l’internationale des bobos bien au chaud chante à une jeunesse désespérée, l’hymne des enfoirés : « Tout ce qu’on a, il a fallu le gagner, à vous de jouer, mais il faudrait vous bouger. » Et ils osent, en réplique,  ces chanteurs à la croix de rince doigt des mondanités, cracher à ces jeunes : « je rêve où tu es en train de fumer. » Comme si le monde d’aujourd’hui, dont ils sont aussi responsables, avait les aisances du monde d’hier ! Soixante-huitards de luxe ! 

En 1975, il y avait  4% de chômeurs chez les 20-24 ans, l’année dernière ce taux était de près de 24%.

A Saint –Gilles, ville du Gard, les restos du cœur n’ont plus de local, la mairie n’ayant pas renouvelé le bail ; ils sont à la rue ! Ils sont venus me voir, j’ai donné, sur la réserve parlementaire, sans tenir compte des opinions, de l’argent pour les sans dents, normal !  Et le siège parisien refuse la subvention d’un député du Front ! Quel monde de cons ! Et l’argent est perdu pour d’autres pauvres… Ils peuvent toujours chanter, ils chantent faux ! Ils vivent faux !

Que faire contre ce monde des manières ? Ne plus craindre de dire, de nommer, de dénoncer les Tartuffes au risque d’être médiapiétiné, avoir le courage de la rage ! Deux mondes se heurtent, le monde de la mise en scène théâtreuse où tout est fardé, détourné, sponsorisé, rédigé, récupéré, et le monde des vies quotidiennes ignorées, abandonnées, qui encaisse les coups des loups, plus pour longtemps, je l’espère…

Gilbert Collard