Marianne BBR

Une contribution de Florian Philippot, vice-président du Front National, pour le site lopinion.fr du 02/03/2015

Il est temps de mettre les choses à plat. On passera sur la ficelle, de plus en plus grossière, qui consiste à brandir la « République en danger » dès qu’on sèche sur le fond. À l’UMPS, on a d’autant plus tendance à invoquer la République qu’on est dans l’incapacité de répondre à vos arguments sur le chômage, l’Union européenne, l’immigration, l’insécurité ou l’austérité…

Mais revenons à notre République. En quoi le Front National ne serait-il pas républicain ? Quand une réponse est apportée, ce qui est rarement le cas, elle porte généralement sur un point bien particulier de notre projet : la priorité nationale, qui consiste, en certains domaines comme l’emploi, à donner une priorité aux citoyens français sur les ressortissants étrangers, à compétences égales.

Cette proposition, s’adressant évidemment à tous les Français sans distinction, est parfaitement républicaine, comme l’est d’ailleurs notre code général de la fonction publique qui continue d’interdire l’accès aux emplois dits « de souveraineté » aux non-nationaux ; comme l’est également le principe même du droit de vote, réservé aux citoyens français, sauf exceptions aux élections municipales et européennes. Si demain par malheur une majorité accorde le droit de vote aux étrangers, devra-t-on considérer comme « antirépublicaine » toute contestation de ce choix ?

Une fois cette paille évacuée, intéressons-nous à la poutre de nos donneurs de leçons de l’UMPS.

Comme des générations de Français, j’ai appris que la République avait arraché le pouvoir au monarque et aux féodaux pour le donner au peuple français, qui depuis est devenu le seul souverain. La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 a ajouté dans son article 3 que « la souveraineté réside essentiellement dans la nation ».

Dans ces conditions, les transferts massifs de souveraineté, consentis année après année par les gouvernements UMP et PS vers l’Union européenne, sont-ils vraiment compatibles avec la République ? Ma réponse est non. Cette opinion se renforce à mesure que la machine bruxelloise impose aux peuples à coups de menaces et de chantages, des politiques entières. Sur ce point, dès 1957 Pierre Mendes France voyait juste lorsqu’il prévenait que l’abdication d’une démocratie pouvait prendre la forme d’une « délégation de ses pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle au nom de la technique exercera en réalité la puissance politique ».

En voulant restaurer en tout domaine la souveraineté nationale et populaire, le Front National se sent beaucoup plus légitime que l’UMP et le PS à invoquer l’esprit et la lettre de la République.

Il l’est aussi quand il se bat contre les communautarismes et demeure l’un des derniers partis politiques français à s’interdire l’emploi du terme « communauté » pour désigner une partie de nos compatriotes d’après leur confession.

Républicaine la proposition du ministre de la Ville M. Kanner de « politiques positivement discriminantes » ? Ou contraire à la méritocratie, fille de l’égalité républicaine ?

Républicains, ces élus UMPS qui rivalisent d’imagination ces temps-ci pour « moderniser » ou « aménager » la loi de 1905 sur la laïcité ? Ou contraire au principe essentiel de neutralité de l’Etat républicain ?

À trop vouloir jouer les pères la République, les politiciens de l’UMPS pourraient prochainement recevoir cet argument en boomerang, de la part de Français lassés et mécontents de les voir déconstruire la République et ses principes avec autant de gourmandise qu’ils en parlent…

Front National