Hollanfde fds bleu

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Boulevard Voltaire

Par Jany Leroy le 28/03/2015

À l’invitation des autorités tunisiennes, François Hollande se rendra à la marche contre le terrorisme. En vrai professionnel de la compassion sur mesure, le président français a répondu présent, j’en suis, j’y vais, où est l’avion ? Branle-bas de combat à l’Élysée, une vocation est née, le chemin tracé, une voix céleste venue des fins fonds de l’IFOP a résonné dans le palais : François, tu serviras la cause pleurnicharde en toutes circonstances, sur tous terrains et par tous les temps.

Va et marche !

Et le pèlerin de s’exécuter. Mouchoirs plein les poches, mine compassée conforme aux directives de Bruxelles, le missionnaire de la tristesse tient le rôle. Il est l’homme de la situation, celui par qui la France sortira de ses tourments par le recueillement.

Posture qui présente l’énorme intérêt de placer le sujet hors du champ des vraies réalités. Qui oserait rappeler à une personne en proie à un chagrin épouvantable qu’il reste de la vaisselle à essuyer ? Excepté, bien entendu, un sans-cœur, une brute épaisse, un insensible dégoûtant qui nous rappellerait les heures les plus sombres…

Le style étant trouvé, les occasions de le mettre en œuvre surgissent comme par miracle. À peine l’affaire Charlie Hebdo digérée, voilà Tunis pour prendre le relais, puis ce dramatique crash aérien. Les cadences sont infernales, la compassion tourne à plein régime, on ne sait plus où donner de l’affliction. Le bouche pincée tient encore, mais pour combien de temps ?

Sur cette lancée, l’idée de génie consisterait à venir s’indigner officiellement de la montée inexorable du chômage. On imagine la déclaration :

"C’est avec une profonde tristesse que l’ensemble du gouvernement et moi-même avons constaté que j’étais incapable d’inverser la courbe du chômage.

Face à cette terrible nouvelle, j’invite tous les Français à participer à la marche blanche qui se tiendra dimanche dans toutes les villes de France. Je serai personnellement en tête du défilé de Paris. Vive la France, à bas moi-même."

En 2017, comment ne pas voter pour un candidat aussi sensible ? Hollande joue la carte Calimero. Coquille d’œuf sur la tête, il apparaît consterné, affligé, affecté de part en part… Dans ces conditions, l’électeur pourrait se dire qu’il ne peut pas voter contre un pauvre homme déjà tellement dans la douleur. Point trop n’en faut. Un mauvais score pourrait l’achever. D’où le slogan porteur pour 2017 : « Ayez pitié de lui ! » Avec une photo de François Hollande, mine triste, regard de cocker.

Bizarrement, l’un des personnages jugés le plus aptes à remplacer le Calimero de l’Élysée présente le même profil. Alain Juppé. Compassé permanent, bouche en cul-de-poule aux normes européennes. Le concurrent est sérieux. Médaille d’argent aux Jeux olympiques de l’empathie. Une référence.

Les Français ne se cherchent plus un chef compétent mais un grand prêtre. Un débiteur de psalmodies. Le sociétal bat son plein et l’inversion se généralise : par l’émotion dont il semble imprégné, le loser fataliste prend le pas sur l’homme d’action… Et plus rien ne marche.