Carte de France puzzle

Toulouse l'emporte face à Montpellier, Dijon sur Besançon, et un compromis a été trouvé en Normandie, entre Caen et Rouen, selon plusieurs médias. Mais rien n'est encore définitif...

Réforme territoriale oblige, les nouvelles capitales des 13 régions françaises vont bientôt être présentées en conseil des ministres. D'après plusieurs médias, la liste des chefs-lieux provisoires, c'est-à-dire l'implantation des préfectures régionales, serait même déjà établie. Selon nos informations, seront aussi nommés en conseil des ministres 13 «préfets préfigurateurs» pour organiser l'administration déconcentrée de l'Etat en région. Explications.

Le sort de certaines villes enfin scellé

Si la plupart des capitales étaient déjà connues d'avance, un point d'interrogation planait encore sur quelques villes. On sait désormais que Toulouse va l'emporter face à Montpellier, malgré une bataille féroce entre les deux agglomérations. Dans la grande région Normandie, où Caen et Rouen se disputaient le titre de capitale, une sorte de compromis a finalement été trouvé, sous l'impulsion du très Rouennais Laurent Fabius : après de longues discussions, le gouvernement a proposé que Caen, capitale historique, accueille la préfecture de région et que Rouen, capitale économique, soit le siège du Conseil régional. En Bourgogne-Franche-Comté, c'est Dijon qui passe devant Besançon, selon Europe 1 et l'Express.

Les villes désignées sans surprise

En dehors de ces trois cas épineux, la liste qui pourraît être présentée dans les 15 prochains jours en conseil des ministres vient confirmer certains pronostics. Sans surprise, Lyon a été désignée comme capitale de la méga-région Auvergne-Rhône-Alpes et Lille pour le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, Clermont-Ferrand et Amiens faisant difficilement le poids face à ces deux métropoles. Limoges (pour le Limousin) et Poitiers (pour le Poitou-Charentes) ont dû s'incliner face à Bordeaux. Pour les régions qui n'ont pas fusionné, aucun suspense: Paris (pour l'Île-de-France), Rennes (pour la Bretagne), Nantes (pour Pays-de-la-Loire), Marseille (pour Paca) et Ajaccio (pour la Corse) vont rester capitales régionales.

Le cas de Strasbourg était déjà fixé

Situation exceptionnelle: sur la région Champagne-Ardenne-Alsace-Lorraine, Strasbourg a déjà raflé la place de première capitale régionale. Sur la base d'un amendement PS, les députés ont désigné cette ville par avance, en novembre dernier, pour apaiser les élus alsaciens mécontents de la réforme territoriale, aux dépens de Metz et de Châlons-en-Champagne. Cette désignation implique implicitement que Strasbourg abritera bien la préfecture de région. Le lieu de l'hôtel de région restera en revanche déterminé par le conseil régional, tout comme le ou les lieux de tenue des réunions du conseil régional.

Un choix non définitif

Mais rien n'est encore gravé dans le marbre. En cas de désaccord, les élus locaux auront jusqu'à la mi-juillet pour faire des contre-propositions argumentées. Au final, le choix définitif n'interviendra qu'après les élections régionales de décembre 2015. À ce moment-là, le conseil régional nouvellement élu proposera au gouvernement le choix d'un chef-lieu définitif, qui sera fixé par décret en Conseil d'État avant le 1er juillet 2016. Quoi qu'il en soit, c'est finalement l'État qui aura le dernier mot et qui devra arbitrer en cas de désaccord.

La nomination des préfets préfigurateurs

Selon nos informations, seront aussi nommés en conseil des ministres 13 préfets préfigurateurs pour organiser l'administration déconcentrée de l'Etat en région avec les exécutifs régionaux et les acteurs locaux. En somme, ce seront les maîtres d'oeuvre de la carte des régions. Ils devront notamment savoir comment répartir les administrations déconcentrées de l'Etat: où se trouvera le Conseil régional? Et la Direction régionale de l'Industrie, de la Recherche (Drire)? Où mettre la Direction régionale de l'Agriculture et de la Forêt (Driaaf)? Une fois ce travail effectué, ils devront faire des propositions à l'Etat. «Mais rien n'est encore définitif, veut-on rassurer dans l'entourage d'André Vallini, secrétaire d'État à la Réforme territoriale. Tout ne sera pas forcément concentré dans la même ville. On peut très bien imaginer que la ville A soit le lieu de la préfecture régionale et le conseil régional se trouve dans la ville B. Il faut sortir de cette vision jacobine du XIXe siècle qui voulait que tout se trouve au même endroit. Aujourd'hui, on est au XXIe siècle, on abandonne la doctrine nationale au profit d'une organisation qui tient compte des spécificités du territoire».

Le nom des régions, l'autre bataille

Outre les capitales, les noms des régions feront également l'objet de nombreux débats. D'ici le 1er janvier 2016, l'appellation des régions reste l'assemblage des noms actuels dans l'ordre alphabétique. Ensuite, les nouveaux présidents de région devront plancher sur un nouveau nom. In fine, ce sera de nouveau l'Etat qui prendra la décision par décret avant le 1er octobre 2016.

Par Caroline Piquet le 13/04/2015

Le Figaro

Note BYR : Vous êtes surpris de voir Dijon devancer Besançon ? C'était joué d'avance et ce n'est pas la précipitation de Marie-Guite Dufay à se présenter en mariée à son collègue socialiste lui aussi de Bourgogne qui auront changé la donne. Mais au delà de la capitale régionale c'est également la disparition administrative de la région qui s'effectue là...administrative, mais sûrement pas historique, sociale et culturelle. A cela l'UMPS ne pourra heureusement rien changer ! Rappelons que le Front National propose lui de s'appuyer sur les départements et les communes qui sont les deux organismes administratifs fondamentaux aux yeux de nos compatriotes.