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Le maire de Nice Christian Estrosi s’est fait prier car il tient à sa ville de Nice. Nicolas Sarkozy a réussi à le convaincre de mener, au nom de l’UMP, une bataille régionale capitale contre un Front National en mutation.

Le président de l’UMP n’a pas voulu que le feuilleton s’éternise. Dès lors que Marion Maréchal-Le Pen a fait savoir qu’elle avait obtenu de son grand-père le retrait de sa candidature aux régionales en Provence-Alpes Côte d’Azur (PACA) et dit que, dans ces conditions, elle conduirait elle-même la liste Front National, Nicolas Sarkozy a voulu que l’UMP, qui va jouer gros en Paca, choisisse sans plus tarder sa propre locomotive. Et ce sera Christian Estrosi, le député-maire de Nice (Alpes-Maritimes).

La situation, était en fait complexe car Christian Estrosi, jusqu’au dernier moment, répugnait à abandonner sa place-forte de Nice, ville à laquelle il est viscéralement attachée. Mais, pour autant, il ne voulait pour rien au monde que l’UMP désigne à sa place son rival Eric Ciotti, l’autre député des Alpes-Maritimes, président du Conseil général puis départemental.

A un moment, on a vu réapparaître - comme possible troisième homme - le nom de Renaud Muselier, qui fut longtemps le bras droit de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille et décrit comme son dauphin, avant qu’entre eux les choses ne dégénèrent. Finalement, Muselier, redoutable bretteur, sera bien de la partie, mais comme tête de liste dans les Bouches-du-Rhône et vice-président de la région si, en décembre, la droite bat le PS et le FN.

Marion Le Pen, plus difficile à battre que son grand-père

Nicolas Sarkozy, qui a sommé Christian Estrosi de choisir, a réussi à convaincre son ancien ministre de s’engager. Il est le mieux placé dans les sondages discrets réalisés pour tester les différents candidats UMP. Objectif : terrasser Marion Maréchal Le Pen, qui, malgré l’inexpérience de ses 25 ans, apparaît pour l’UMP comme une rivale autrement plus difficile à battre que son grand-père. D’autant qu’outre la dimension générationnelle, elle affirme n’avoir rien à voir, elle, avec "l’extrême-droite". L’indécise bataille de Paca s’annonce donc comme un sommet des élections régionales des 6 et 13 décembre prochains. Juste avant le début des grandes manœuvres préparatoires à 2017.

Le nom de Christian Estrosi devra encore être validé jeudi par la Commission nationale d'investiture de l'UMP.

D'autres régions restent à trancher

"Toutes les régions restantes seront en discussion", expliquait-on à l'UMP la semaine dernière, sans être toutefois certain de réussir à tout boucler ce jour-là. La région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, sans doute la plus disputée, pourrait encore attendre. France 3 a recensé dix candidats, dont le député Pierre Morel-A-Lhuissier, l'ex-député Bernard Carayon et le politologue Dominique Reynié, qui s'est déclaré le week-end dernier. La victoire fin 2015 dans cette région reste pourtant incertaine : la gauche y a fait son meilleur score lors des départementales, devançant la droite de plus de 20 point

La région voisine, réunissant l'Aquitaine, le Poitou-Charentes et le Limousin, n'est pas non plus promise à la droite. L'ex-ministre Dominique Bussereau n'a pas encore dévoilé ses intentions. Le jeune Poitevin Olivier Chartier et le Périgourdin Jérôme Peyrat, très proche de NKM, sont en lice.

A noter que l'UDI convoite la tête de liste commune dans trois régions : Bourgogne-Franche Comté avec François Sauvadet, Hervé Morin en Normandie et Philippe Vigier en Centre-Val de Loire. Les discussions avec l'UMP devraient attendre la création de la nouvelle formation, fin mai.

Par Dominique de Montvalon et Arnaud Focraud le 14/04/2015

Le JDD