Marine New York Time

La patronne du Front National foulait mardi soir le tapis rouge du gala annuel de Time Magazine à la faveur de son apparition dans le classement des 100 personnalités les plus influentes. L'occasion d'une pause bienvenue après les récents troubles au sein du parti.

Sa première incursion dans le Nouveau Monde n'avait guère convaincu. Fin 2011, une entrevue avec l'ambassadeur d'Israël aux Nations Unies, Ron Prosor, prestement dénoncée comme «un piège» par ce dernier, puis une rencontre entre deux portes avec un second couteau de la politique américaine, le libertarien Ron Paul. Lui aussi gêné aux entournures d'avoir été pris comme un bleu dans l'embrouillamini de la politique française.

Cette fois, Marine Le Pen est de retour aux États-Unis, et le tapis rouge a été déroulé pour elle. Littéralement: mardi soir, la patronne du Front National a foulé celui l'accueillant dans le Lincoln Center, épicentre culturel de Manhattan dans l'Upper West Side, où se tenait le Gala annuel de Time Magazine couronnant les cent personnalités les plus influentes du monde. Son festival de Cannes à elle.

Pendant cinq minutes, selon Europe 1, elle a joué le jeu des photographes, en robe de cocktail bleu pétrole, accompagnée de son compagnon Louis Aliot, le vice-président du FN, en smoking pour l'occasion.

Dévisagée par les autres convives, visiblement anonyme pour la plupart, hormis quelques regards furtifs et embarrassés, elle a pris le temps de savourer le moment, rappelant que «21 avril, c'est un symbole»: allusion au premier tour de l'élection présidentielle 2002, lorsque son père Jean-Marie Le Pen avait ravi la seconde place à Lionel Jospin, derrière Jacques Chirac, provoquant un séisme politique sans précédent. Malgré la brouille sérieuse entre le père et sa fille, l'évènement demeure historique pour le Front National. «Ce soir, la France des oubliés n'est pas oubliée», ajoute Marine Le Pen, assumant la reconnaissance internationale que lui offre Time Magazine.

Nancy Gibbs, la patronne de l'hebdomadaire a bien précisé dans son éditorial que «les grands esprits ne pensent pas tous de même: des politiciens de différents horizons idéologiques se trouvent sur la liste du fait de leur aptitude à orienter la conversation dans de nouvelles directions». Celle qui, semble penser la presse anglo-saxonne de plus en plus intriguée par la saga frontiste, pourrait entraîner Marine Le Pen sur les plus hautes marches du pouvoir hexagonal, «d'ici dix ans», comme elle l'a ouvertement prédit en 2014 à la correspondante parisienne de Time. «Sa prédiction ne parait plus absurde», commente cette dernière, relevant qu'elle s'est en outre «finalement séparée de son père et de son antisémitisme nocif»....

Par Maurin Picard le 22/04/2015

Lire la suite sur Le Figaro