Gargamel

L'auteur ou les auteurs de cet article ne sont en rien membres du Front National, du Rassemblement Bleu Marine ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique -à ma    connaissance- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.

Par Nicolas Gauthier le 22/04/2015

Il s’agit évidemment d’un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître, comme le chantait si bien Charles Aznavour. Soit l’époque où notre Parti communiste qui, prenant ses ordres en URSS tout en touchant l’argent de Moscou, était paradoxalement l’un des partis les plus patriotes de France. Étonnant, non, comme aurait dit Pierre Desproges ?

Et pourtant, il en fut ainsi. Point de détail qui fait mal aujourd’hui, mais sur lequel François Hollande a mis le doigt, ce week-end dernier, volontairement ou pas, en affirmant sur Canal+ que « Marine Le Pen parle comme un tract communiste des années 70. Certes, et ce dès 1974, le Front National est le premier à placarder des affiches dénonçant « l’immigration sauvage » ; mais qui écoute alors ce qui n’est que la voix d’un groupuscule, alors que le très puissant PCF tient globalement le même discours, mais avec un peu plus d’écho ?

Quatre ans plus tard, à Vitry, c’est un maire communiste qui fait raser un foyer SONACOTRA au bulldozer – même si, en matière de lutte contre l’immigration, il aurait sûrement été plus judicieux d’en faire de même du siège du CNPF, le MEDEF de l’époque. À l’époque, le défunt Georges Marchais campe sur une ligne qu’il ne serait pas hasardeux de donner pour « doriotiste ». Contre la puissante Amérique, contre l’Europe en construction qui n’en est qu’un des épigones – Marie-France Garaud a récemment reconnu qu’un Jean Monnet était agent de la CIA. Bref, malgré son passé complexe (travailleur volontaire chez Messerschmitt durant la Seconde Guerre mondiale et ralliement tardif des communistes français à la Résistance, après rupture du pacte germano-soviétique), George Marchais a toujours conservé la tripe française.

Pas de chance pour lui, en matière de patriotisme, économique et/ou politique, c’est un certain Jean-Marie Le Pen et son Front National – dont les statuts sont d’ailleurs volontairement le décalque de ceux du PCF – qui ramasse la mise. On connaît la suite. En 2002, Frédéric Beigbeder gère la campagne présidentielle de Robert Hue, organise un défilé Prada au siège du parti, place du Colonel-Fabien et, quelques semaines plus tard, devant le résultat calamiteux du nain de jardin en question – naguère plus connu sous le sobriquet de Bob Balton, alors batteur dans un groupe de rock’n’roll –, le même Beigbeder avoue qu’il rendrait bien l’argent du peuple si ce dernier n’avait pas été entièrement sniffé en cocaïne !

Ce n’est pas peu dire qu’entre le Parti communiste et le peuple de France, le divorce a été, lui aussi, largement consommé. Il est un autre fait que ce qu’avance François Hollande est loin d’être faux ; pour s’en convaincre, prière de se reporter aux tracts, discours et affiches d’époque. Après, était-ce opportun de rappeler de telles vérités un brin oubliées ? Au risque de froisser l’allié communiste, même si depuis longtemps réduit à portion congrue ? D’où la sainte colère de son actuel patron, Pierre Laurent, sosie officiel de l’écrivain Patrick Besson, mais dont personne ne connaît le nom et n’identifie encore moins l’actuel projet politique.

Pourtant, dans les années 1990 du siècle dernier, certains communistes avait ainsi tenté d’infléchir la ligne du parti en s’acoquinant avec d’autres patriotes de la rive opposée, sous l’égide du défunt Jean-Edern Hallier, alors gourou de ce brûlot hebdomadaire, L’Idiot international. L’affaire ne tarda pas à capoter sous la pression médiatique. On parla alors de « complot rouge-brun ». Ce fut la dernière tentative du PCF de renouer avec son passé malgré tout patriote. On sait aujourd’hui ce qu’il en est et qui, surtout, a raflé la mise. D’où cette actuelle campagne hollando-sarkozyste visant à faire de Marine Le Pen une nouvelle Rosa Luxemburg.

Contre l’UMPS, le FNPC ? Après tout, pourquoi pas, même si la place des électeurs du PC serait désormais plus au FN…