Bercy ministère

Même si le projet de budget 2016 ne sera débattu qu'au mois d'octobre au parlement, le gouvernement planche déjà sur les économies à réaliser sur la deuxième étape du plan de 50 milliards sur 2015-2017.

Et la purge qui s'annonce va être politiquement et économiquement difficile à faire passer

Bercy s'apprête à envoyer aux différents ministères les lettres de cadrage, c'est à dire les propositions de budget avec de nouvelles économies pour 2016 qui seront discutées avec chaque ministre avant l'été, l'Etat va chercher aussi d'autres pistes pour raboter le budget, sachant que François Hollande a promis de ne pas augmenter les impôts

Objectif : trouver près 15 milliards d'euros.

Selon Les Echos de ce vendredi, Bercy a dressé une liste de dépenses à passer au peigne fin, concernant 14 domaines. Parmi ceux-ci, les aides au logement, les universités, les dispositifs médicaux remboursés par l'assurance maladie, les écoles de fonctionnaires, le patrimoine immobilier des caisses de la sécurité sociale, les frais de justice, les aides à l'innovation, les frais d'affranchissement des impôts...

Pour prendre les devants, Bercy a annoncé aux parlementaires que des rapports sur ces différents dispositifs ont déjà été commandés. Les conclusions seront transmises en amont et feront l'objet de débats avant une éventuelle réforme. Une démarche qui a pour but de déminer les sujets sensibles et d'éviter des joutes verbales dans les hémicycles.

Il n'est pas certain que cela soit suffisant. A commencer par les propositions sur le logement. Un récent rapport du Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale des finances (IGF) dresse un bilan sans concession de la coûteuse politique publique du logement (48 milliards d'euros en 2014, soit 2% du PIB), jugée inefficace « Au vu des fonds publics engagés, les résultats de la politique du logement ne sont pas aujourd'hui à la hauteur des attentes », explique ce rapport. Selon eux, un gisement de 4 milliards d'euros d'économie est possible via plusieurs propositions comme la suppression du rattachement fiscal des étudiants percevant une APL, la fin progressive des aides à la pierre, la réforme des procédures d'attribution des logements sociaux...

Le 24/04/2015

Le Parisien