Police dossard moto

Deux d'entre eux sont déjà connus des services de police. Le troisième est suspecté d'avoir fourni un soutien logistique au terroriste présumé.

Sid Ahmed Ghlam a-t-il bénéficié de l'aide de complices? C'est la question à laquelle tentent de répondre les enquêteurs qui travaillent sur l'affaire de l'attentat déjoué du dimanche 19 avril. Ce week-end, trois personnes soupçonnées d'être complices du jeune Algérien de 24 ans ont été placées en garde à vue, rapporte une source proche du dossier au Figaro. Depuis jeudi, les soupçons des policiers se portent sur un homme de 27 ans, dont l'ADN a été retrouvé au domicile de Sid Ahmed Ghlam, qui a été mis en examen vendredi pour assassinat et pour un projet d'attentat contre une église près de Paris.

Interpellé ce dimanche matin à Saint-Ouen, dans la banlieue nord de Paris, ce complice présumé a été placé en garde à vue et est actuellement entendu au 36 quai des Orfèvres par la section anti-terroriste de la police judiciaire parisienne. La police scientifique a relevé des cheveux sur une brosse qui se trouvait chez Sid Ahmed Ghlam. Les analyses ADN ont permis de savoir qu'ils appartenaient à un jeune homme originaire de Paris.

Un autre homme a également été interpellé et placé en garde à vue samedi. Son ADN a été découvert chez le principal suspect et dans la voiture, retrouvée à Aulnay-sous-Bois, qui aurait servi à stocker des armes. Ces deux personnes étaient déjà connues des services de police. Le troisième gardé à vue est suspecté d'avoir fourni un soutien logistique au terroriste présumé.

«Je ne me sens pas prêt»

Sid Ahmed Ghlam a été mis en examen vendredi notamment pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste et placé en détention provisoire. Il est soupçonné d'avoir projeté des attaques contre au moins une église et d'avoir tué, dimanche 19 avril, à Villejuif, près de Paris, Aurélie Châtelain, une femme de 32 ans dont le corps avait été retrouvé dans sa voiture. Depuis son arrestation ce même jour, les enquêteurs tentent de déterminer les soutiens dont semble avoir bénéficié le suspect, connu des services de renseignement depuis le printemps 2014 pour s'être radicalisé.

Lors de leurs premières investigations, les policiers ont découvert que l'étudiant de 24 ans était en contact avec un homme vraisemblablement basé en Syrie, qui lui aurait demandé de cibler des églises. La police judiciaire et les services de renseignements tentent d'identifier ce présumé commanditaire. D'après M6, plusieurs messages échangés entre les deux hommes montraient que Sid Ahmed Ghlam avait tenté de faire machine arrière, écrivant à son interlocutaire qu'il «ne se sentait pas prêt».

Une complice dans son entourage proche?

Les policiers se sont également intéressés à une femme de son entourage. Interpellée mercredi à Saint-Dizier (Haute-Marne), où a vécu Sid Ahmed Ghlam, elle a fait deux jours de garde à vue, avant d'être remise en liberté. Cette jeune femme, convertie à l'islam est présentée comme sa petite amie ou son ex-compagne. Selon la sœur de Sid Ahmed Ghlam, elle souhaitait l'épouser mais lui n'aurait pas voulu. Devant les enquêteurs, elle s'est montrée «peu bavarde» et a nié que Ghlam ait eu des velléités de se réfugier chez elle sitôt ses crimes perpétrés selon des sources policières.

Quoi qu'il en soit, certains éléments recueillis au cours des investigations indiqueraient que cette mère de deux enfants en bas âge a participé au projet d'attentat de l'étudiant. Les enquêteurs ont notamment mis la main sur une imposante «masse de données informatiques» dont des «messages cryptés» entre lui et la jeune femme. Tout était «fait pour éviter de se faire repérer» mais les policiers espèrent «mettre au jour des noms». Ils s'interrogent aussi sur l'importance et la provenance de l'arsenal retrouvé dans sa voiture et à son domicile.

Le 26/04/2015 avec AFP

Le Figaro